J’ai coupé dans le jardin une branche de magnolia chargée de boutons. Frêle, enchevêtrée au cœur de la ramure de l’arbre, elle m’apparut, reposant sur le sol, imposante, noueuse, de ces végétaux dont on peut faire un arrangement puissant et fragile.
Je la regarde longuement avant de diviser l’ élément unique en trois parties : l’homme, la terre, le soleil ; les axes du bouquet qui détermineront son espace, sa profondeur. La section oblique de la coupe permet à cette construction, posée sur le vide, de ne pas s’effondrer comme un château de cartes.
Le bois s’impose. C’est un bouquet de passage.
Il contient l’hiver finissant et le printemps en marche.
Je ne rajoute aucun autre élément.
Après l’ouvrage À la proue (avec Pierre Mertens, paru chez CFC Éditions), où elle évoque son métier de libraire, Muriel Claude nous livre un premier recueil poétique, Arrangement floral. L’ikebana compose à la fois la toile de fond d’un recueil qui en épouse l’esthétique (le jeu entre le vide et le plein, la concision de la forme) et un motif poétique qui autorise l’exhumation de sensations, d’événements de l’enfance. L’art floral japonais n’agit pas comme un filtre qui délivrerait une valeur métaphorique mais s’élève au rang d’un analogon d’une démarche de l’esprit, au rang d’une codification végétale afin d’explorer les traces de l’intime. Sobriété de l’économie…
"Un beau livre, sobre, vif, qui rend tangibles les saisons et les heures. Les illustrations d’Anne Leloup devancent ou suivent le poème avec la force sereine des empreintes." Critique de Françoise Lison dans Le courrier de l’Escaut paru en octobre 1999. Extrait : "A force de se chercher de se trouver de se perdre de rouvrir le sentier des rencontres de déplorer les malentendus les impasses de célébrer les retrouvailles ils déboucheront dans la clarté sans fin" [Source : Le site des éditions…
Un recueil qui sent l'adolescence et son mal vivre. L'auteur y évoque les diffiultés…