Il en va de même que pour certains desserts, plats de pâtes ou gratin dauphinois, on ne peut s’empêcher d’y retourner (en cachette ou pas) et d’y replanter la cuillère.
Cet album auquel je reviens encore et encore se feuillette et se découvre sans cesse. Se refeuillette et se redécouvre sans cesse, tant par curiosité que par gourmandise.
Il s’agit là d’une plongée dans le musée personnel de l’auteur, dans son cabinet de curiosités, dans les tréfonds de son âme et dans certains de ses souvenirs.
Quand je visite une exposition, il m’arrive d’en faire rapidement le tour et de revenir, ensuite, sur mes pas, de m’attarder sur une pièce ou l’autre, de vouloir élire domicile dans une salle ou au contraire, de la fuir à grandes enjambées.
C’est un peu de cela dont il est question ici : d’une déambulation dans la collection personnelle de l’auteur. Et, face à certaines planches, les lecteurs/visiteurs s’attarderont un peu plus ou au contraire, ils presseront le pas. Ils liront un cartel ou s’en détourneront.
Musée intérieur et ultra personnel. Cabinet de curiosités.
Livre aux trésors. Herbier. Collection personnelle.
Musée-retraite. Musée-refuge. Abri anti-tumulte.
Lieu où se perdre et/ou se retrouver.
Catalogue de ready made.
C’est un peu tout cela à la fois qui est ici proposé.
Comme toujours, ou presque, Éric Lambé a repoussé le concept même de la bande dessinée. La narration est battue en brèche.
Il est important de souligner le travail éditorial mis en place par le FRMK. Peu d’éditeurs laissent une telle liberté aux auteurs tout en soignant « l’objet » qui sera finalement proposé aux lecteurs.
Ouvrage avant tout visuel et quasiment muet, j’ai été happé par les belles images qui composent cet album.
Entrez et vous verrez, passée la porte, il ne s’agira pas de suivre un lapin blanc mais un renard vert et personnellement, c’est bien dans un pays des merveilles que l’auteur m’a entrainé.
David Dusart