Christine Aventin


PRÉSENTATION
Christine Aventin naît, d'après une légende familiale incertaine, en août 1971, pendant un orage. La foudre tombe sur la clinique et provoque une coupure de courant qui plonge la scène dans la perplexité et le noir. Elle passe une enfance piteuse dont il lui reste la phobie des papa-maman. Elle connaît à quinze ans son quart d'heure de gloire. Elle y laisse quelques plumes avant de recouvrer le confort de l'anonymat. Un long silence, qu'elle meuble de peinture, de photo et d'errance, finit par ramener la question de l'écriture. Puis celle du roman. Elle commence, interrompt, reprend puis achève «Le Désir demeuré». Elle s'installe à la campagne. Elle écrit «Portrait nu». Elle fait un enfant qui le lui rend bien, y passe les nuits, les jours, fabrique une famille de carnaval, tient beaucoup à l'idée de la fête, et de la dissidence, marche dans les bois, se pose la question du retour à l'écriture. Elle se laisse surprendre par l'idée du théâtre, en même temps que se fomente le grand feu des mensonges passés : un essai-fiction sur Catherine Breillat l'amène à dévoiler la supercherie de ces deux romans de jeunesse. Elle écrit "Red Shoes". Remplit des pages. Vit avec le sourire. Parvient même à en rire. Elle projette de se laisser pousser la barbe et de devenir la plus vieille dame du monde.

BIBLIOGRAPHIE


NOS EXPERTS EN PARLENT
Le Carnet et les Instants

C’est une belle image de femme à découvert que nous propose Christine Aventin dans son roman Portrait nu. Non que l’intime soit vraiment dévoilé, il n’apparaît clair que dans ces textes en italiques et sous un régime narratif différent qui jalonnent le récit. C’est la contradiction fondamentale qui sous-tend l’ensemble : en dire beaucoup et se réserver.Pornographique, le texte ne l’est pas, bien qu’on puisse se croire invité à une espèce de transe lubrique à la lecture du premier chapitre qui se veut exhibitionniste et insiste sur le voyeurisme, avec déjà le risque du doute. Ce ne sera en effet pas le cas car, à partir de cette mise en scène initiale, c’est un récit autonome qui se met en place, une vraie histoire. Qu’on…


Le Carnet et les Instants

II est des petits livres profonds comme des abîmes. Le désir demeuré de Chris­tine Aventin est de ceux-là. Pas même une centaine de pages, format minuscule, et pourtant ce sont des béances infinies qui s'ouvrent ici.


Le désir demeuré vient de paraître chez An­crage, en excellente compagnie puisque la collection associe des textes de Jacqueline Harpman, Laurent de Graeve, François Emmanuel, Nicolas Ancion, Elisa Brune... à des récits de Zola et de Maupassant. Ce vingt-et-unième opus sélectionné par Sté­phane Lambert, inédit, c'est un petit livre jeté à la face du monde pour contrer l'oubli. La quatrième de couverture révèle ex abrupto les intensités nécessaires de cette lutte…