Requiem vénitien


RÉSUMÉ
A travers l’histoire d’un compositeur hanté par son passé, le lecteur peut découvrir la Venise de 1848, dévastée par la famine et le choléra.


À PROPOS DE L'AUTEUR
Vincent Engel
Auteur de Requiem vénitien
Vincent Engel a d’abord publié sous le pseudonyme de Baptiste Morgan. Il cumule plusieurs vies : professeur de littérature contemporaine, il est aussi romancier, dramaturge, scénariste, essayiste, critique littéraire et chroniqueur. Le fascisme dans toutes ses représentations fait partie de ses sujets de prédilection.

AVIS D'UTILISATEURS

FIRST:xfirstword - "Requiem vénitien"
stdClass Object ( [audiences] => [domains] => Array ( [0] => 9548 ) )

Ceci pourrait également vous intéresser...

Soren disparu

«  Il a réglé la course, est sorti en sifflotant et, sans se retourner, il a soulevé son chapeau en guise d’adieu  », telle est la dernière image qu’a laissée Soren. Nous sommes à Bordeaux, en novembre 2017, et ce musicien et producteur âgé de cinquante-huit ans a demandé au chauffeur de taxi de le déposer à l’entrée du Pont de pierre. Après, plus rien… plus de Soren. Qu’est-il advenu ? Le roman de Francis Dannemark et Véronique Biefnot s’ouvre sur cette disparition et met en récit plusieurs voix. Elles ont toutes connu Soren, de près ou de loin. Chacune d’elles plonge dans ses souvenirs, exhume des moments passés en sa compagnie, des instants de sa vie et, dans une polyphonie où les sonorités tantôt se répondent tantôt dissonent, elles livrent au lecteur une reconfiguration de ce mystérieux Soren, tentant de lui éclairer le mobile de son départ. Chacune y va de sa modulation. «  On dira Soren ceci, Soren cela.. on dit tant de choses, mais au fond, qu’est-ce qu’on sait ?  » Lire aussi : un extrait de  Soren disparu  La construction du roman joue sur un décalage entre temps de narration et temps de récit. Tandis que cette volatilisation du personnage principal orchestre les interventions des différents narrateurs – celui-là l’a appris par téléphone, l’autre en écoutant la radio, celui-ci l’annonce à son père, un autre encore y songe à partir d’une photo de chanteuse dans un magazine etc. –, les récits font appel à une mémoire narrative qui reconstruit, rend présente une antériorité qui parcourt la vie du disparu, de son enfance à cette nuit sur le pont. «  Un souvenir entraîne l’autre. Quand on commence, on n’en finirait plus…  »Cette temporalité se déploie dans une spatialité qui accroît le côté mémoriel des interventions. Le lecteur arpente un Bruxelles d’autrefois ; de l’auditoires de l’ULB au Monty, le piano-bar-cinéma d’Ixelles, près de Fernand Cocq, de la chaussée de Ninove au Mirano Continental, la capitale se fait le lieu de ce festival narratif. [L]es soirs où je glandais, on traînait ici ou là, au Styx, on attendait une heure du mat’, avant ça, rien de bien ne se passait nulle part. À pied la plupart du temps, on allait jusqu’à la Bourse, au Falstaff, à l’Archiduc…, on se faisait parfois refouler à l’entrée quand on était trop murgés ou trop nombreux, ou qu’un truc nous avait énervés, un film ou un bouquin, et que la discussion déraillait. On buvait du maitrank ou des half en half, ou rien, ça dépendait de qui payait la tournée, ensuite, on montait le nord, sous le viaduc, vers l’Ex, ou alors à la rue du Sel parfois.  Cent-douze récits rythment ce roman choral où la musique est omniprésente . Fitzgerald, Les Stranglers, Wire, Chet Baker, Branduardi, Kevin Ayers, Neil Young, … La compilation forme une constellation où luisent les traits saillants qui permettent d’appréhender, par fragments, le disparu, de retracer son parcours, avec, en fond, ces musiques qui résonnent et accompagnent la lecture.Le duo Biefnot-Dannemark, déjà connu pour La route des coquelicots (2015), Au tour de l’amour (2015), Kyrielle Blues (2016) et Place des ombres, après la brume (2017), offre un nouveau quatre mains avec Soren disparu . Un roman kaléidoscope où se font échos les témoins de la vie de Soren ; lesquels, dans l’exploration du pourquoi et du comment d’une perte, mettent en lumière le temps qui passe, la complexité de l’existence et sa fugacité.Une nuit, traversant un pont, Soren disparaît. Tour à tour producteur, musicien, organisateur de festivals, cet homme multiple n'a eu de cesse d'arpenter le monde de la musique. Pour percer le mystère de sa disparition, une centaine de témoins…

Absolution

Michel ne sait plus que faire. Son épouse, Léa, s’éloigne à grands pas de lui sans se retourner. Elle ne jure plus que par ses cours de yoga dont elle dit qu’ils lui font le plus grand bien, quittant la maison de plus en plus souvent. Depuis une fausse couche, elle ne cesse de se culpabiliser, et ne trouve aucun répit. Il est loin les temps de l’amour fou, et Michel se retrouve seul face à lui-même, souvent un verre à la main. Reste son métier de policier, qui l’occupe tout entier, sans doute trop, mais c’est sa passion première. Aussi se sent-t-il revivre quand il est appelé sur la scène d’un crime, chose rare à Ciney, sa petite ville de province. Le cadavre retrouvé est mis en scène devant une croix, il affiche des signes troublants. La victime est un magistrat siégeant au tribunal d’application des peines et qui habitait la ville. Il ne se remettait pas d’avoir contribué à libérer un malfrat qui s’en était pris à une femme enceinte, celle dont la tombe a servi pour la mise en scène macabre. Débute alors une enquête laborieuse, aux indices minimes. Michel peut compter sur la collaboration sans faille d’Alex, sa belle coéquipière et complice. Nouvelle venue dans l’équipe, et seule femme, elle est au centre de tous les regards. La tension monte d’un cran lorsqu’un deuxième cadavre est découvert, suivi d’un autre encore. Et toujours assortis du même cérémonial sordide. Entre les victimes, le seul point commun tient à la culpabilité profonde. Toutes ont annoncé à leurs proches l’imminence d’un voyage, la perspective de jours meilleurs, avant de disparaître des radars puis d’être retrouvées assassinées de façon atroce. Il faudra la ténacité de toute l’équipe pour venir à bout du mystère. Mais une fois le repère du tueur identifié, il restera à neutraliser un homme qui n’a plus rien à perdre et qui s’est préparé au pire… Ludovic Pierard manie le suspense avec talent. Placé sous tension permanente, le récit se nourrit généreusement de la dynamique interne de ses personnages. Celle du désarroi de Michel, de son couple à la dérive, du jeu de séduction qui se déploie entre lui et Alex en marge d’une énigme policière de haut vol qui passe au peigne fin les mécanismes sectaires. Pour amplifier ces jeux relationnels, l’auteur multiplie les points de vue, entrecoupant le récit des faits de séquences où les protagonistes, assassin y compris, livrent leur point de vue dans un forme de monologue intérieur. Le tout sur fond de morceaux du groupe de rock britannique Muse dont le texte traduit, en accord avec les thématiques développées, scande l’évolution du récit.Profondément enraciné dans la région cinacienne où vit l’auteur, Absolution en fait battre le cœur, nous menant de bistrot en restaurant, célébrant un art de vivre bon enfant qui ne tient pas qu’à sa bière locale. Un contrepoint bienvenu pour reprendre haleine à la lecture de ce thriller envolé et envoûtant que les amateurs liront certainement d’une traite.…

Le silence

Un texte posthume comme un ultime inventaire évoquant notamment la mort imminente et l'amour…