Edito :
Jérôme et Desproges : la naissance d’une vocation
Peu de gens le savent, mais sans Pierre Desproges, Jérôme de Warzée n’aurait sans doute jamais embrassé la carrière d’humoriste. Pourtant, aujourd’hui, il est l’une des plumes les plus affûtées de la scène belge, chroniqueur redouté et applaudi, à la radio, à la télé mais aussi sur scène.
Jérôme, c’est avant tout un ami de longue date. Un complice. Un camarade d’écriture avec qui mon frère et moi avons eu la chance de collaborer à ses débuts, notamment sur nos premières émissions télé, Signé Taloche. Il a co-écrit avec nous ces moments de télé un peu fous, un peu bricolés, mais toujours sincères.
Mais bien avant ça, il y a eu Desproges. Un choc. Un déclic. Un modèle. Un souffle d’intelligence, d’ironie et de liberté qui a changé la trajectoire de Jérôme. C’est à travers les mots acérés, les silences brillants et l’humour noir élégant de Pierre Desproges qu’il a compris que l’on pouvait faire rire en pensant. Et penser en riant.
Jérôme a hérité de cette verve précise, de cette langue aiguisée comme une lame. Il ne copie pas, bien sûr. Il s’inspire, il digère, il transforme. Mais chez lui, le goût du mot juste, le refus de la facilité, le plaisir du trait d’esprit et du contre-pied sont des marques de fabrique qui portent la trace du maître.
Il ne s’en cache pas : Desproges est un phare dans sa constellation. Une référence intime. Une figure tutélaire. Et quelque part, dans chaque chronique qu’il livre, dans chaque silence qu’il pose, il y a un petit clin d’œil à Pierre.
Et pour nous qui avons la chance de le connaître depuis ses débuts, c’est beau à voir. Et à entendre.
Vincent Taloche
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