... née Plégie D.




À PROPOS DE L'AUTEUR
Françoise Houdart
Auteur de ... née Plégie D.
Françoise Houdart est née le 22 mars 1948 à Boussu (Hainaut). Elle a passé son enfance au milieu des terrils. Petite-fille de mineur, elle a, comme il se doit, joué dans le charbon les plus beaux jeux de son enfance. D'ailleurs, sa maison s'ouvre sur la ligne des terrils qui ceinturent le Borinage, verdoyants au beau temps, gris-bleutés en hiver.Mariée à Renild Thiébaut, architecte, elle a trois enfants.Elle enseigne l'allemand à l'École normale provinciale de Mons. La culture allemande la retient beaucoup. Il lui arrive de partir avec une valise et une machine à écrire au pays de Goethe pour, dans la solitude, poursuivre son oeuvre.

AVIS D'UTILISATEURS

FIRST:xfirstword - "... née Plégie D."
stdClass Object ( [audiences] => [domains] => Array ( [0] => 9548 ) )

Ceci pourrait également vous intéresser...

La Nuit du pigeon

Des idées noires, le cœur en berne. Pas de boulot. Le bureau…

La Théo des fleuves

Tsiganes, roms, nègres blancs selon l’expression du poète bulgare Petria Vasli ou enfants du vent . Ce peuple paria, infréquentable, frappé d’une malédiction, dont on se méfie ; parasite dont les sociétés ont tellement souvent voulu se débarrasser, peuple méprisé dans l’ Europe florissante , chassé, persécuté. Subissant la sauvagerie destructrice et ignoble, les actes scélérats et meurtriers ; victime des sévices de tous genres au 20ème siècle, ghettoïsé, raflé, déporté, gazé sous le nazisme, interné, maltraité sous le communisme. C’est à ce peuple fier et libre, par la voix de la vieille Théodora qui aura traversé tout le siècle dernier, que Jean-Marc Turine rend un hommage vibrant et puissant dans son magnifique roman La Théo des fleuves (Esperluète). Livre qui a d’abord fait l’objet d’une pièce radiophonique sur France Culture en un feuilleton de cinq épisodes en 2011 , et qui est ici publié dans une écriture poétique et charnelle, emplie d’énergie et de vitalité – qu’on lira volontiers au son de violons tsiganes exprimant cette âme insoumise et vivante malgré les détresses et la perdition, et sa résistance tenace face à la tragédie, à la violence, au deuil douloureux et à l’oppression. Peuple banni de l’existence et cependant vivant.La vieille Théo se souvient et raconte. Presque aveugle, avec à ses pieds une enfant secrète et silencieuse, Théo est desséchée en cette fin de siècle, elle qui est née à son aube, à force d’amours perdues, de luttes et de résistances menées . Mais d’utopies aussi, de griseries, de larmes et de rires. Elle aura donc traversé le siècle et vécu plusieurs vies, errant depuis le delta du Danube, ce fleuve profond qui l’accompagnera comme un paysage intérieur, fuyant la pourriture des ghett os pour ne pas vivre le fatalisme du subissement et refuser l’asservissement, ne pas vivre l’échine courbée. Va, même sans savoir où tu vas , dit-elle, car le Tsigane ne quitte rien ni ne va quelque part, il parcourt sa demeure, les terres qu’il traverse. La foulée tsigane est une déambulation infinie .Théo a les yeux bleu pétrole, les cheveux noirs, la peau sombre de son peuple ; elle a appris à lire et écrire pour voir autrement le monde et renoncer à la peur , pour se libérer des conventions d’abord et échapper à un mari et un père qui lui a imposé un mariage. Elle a pour viatique essentiel le livre de sa mère celui qu’elle m’a donné à ma naissance et que j’ai donné à mes enfants le jour de leur naissance, la vie. Mon livre rendu fertile par la terre sur laquelle je marche en traversant les saisons . Viatique de l’amour aussi, celui d’Aladin, le violoniste inventeur de rêveries sur l’Ile aux Oiseaux, et qui l’accompagnera toute sa vie malgré les séparations et les distances, malgré les malheurs. Près d’eux, Nahum, l’enfant perdu, enfant au couteau et à la mémoire vide , qu’elle recueillera puis abandonnera pour suivre une chimère, dira-t-elle, et qui trouvera sa voie dans le cirque. Et puis, il faut parler des blessures terribles et tragiques, la jeune Euphrasia violée par les milices et détruite à jamais, ou Carmen, l’enfant de sa chair à elle, Théo, morte lentement de faim dans les camps, voire encore ses poèmes jetés au feu comme une négation d’elle-même et de l’amour, ou encore la rééducation qu’elle subit et la stérilisation, l’emprisonnement et le travail forcé, la survie au néant . Mais évoquer aussi cette errance magnifique par les mers sur ce bateau fantastique – le Sâmaveda , rebaptisé La Théo des fleuves – auprès d’un équipage et capitaine de haute poésie et qui la fera renaître à elle-même.Théo ou la puissance d’un fleuve.  Son livre de douleurs et de vie mêlées, que l’on referme pris aux entrailles par sa force et justesse, sa poésie lancinante et mélancolique, belle et fantasque parfois. Un chant, au fond, ou une danse autour d’un feu pour dire, au-delà des misères et des dépouillements, la beauté de la terre et des fleuves, les fruits et l’amour, l‘eau, les enfants, ou la fertilité du partir et les forces du vivant. Éric Brucher La vieille Théodora ne marche plus, elle ne voit plus. Mais elle se souvient et raconte. Elle nous parle de sa vie, de ses rencontres, ses amours, ses espoirs, mais aussi ses errances, ses drames et ses désillusions. Théodora est une enfant du fleuve. Née Rom, elle a voyagé au gré des vents. Traversant le temps, elle a vécu plusieurs vies. Née à l’aube du XXe siècle, elle le traverse tout entier. Temps de guerres, de communisme, d’oppressions répétées, l’histoire des Roms se révèle au fil du roman et se confond avec celle du siècle. Naître femme, c’est s’exposer à la tutelle des pères et des maris, Théodora le comprendra vite. Tout comme elle pressentira aussi que par la lecture et l’écriture, elle échappera à la fatalité. Aladin, le tendre amant, Nahum, le fils d’élection, Joseph, le marin, croiseront sa route. Personnages lumineux, ils partageront un temps sa vie avant qu’elle ne reprenne la route et construise sa destinée. La force du travail de Jean Marc Turine, depuis ses premiers textes, réside dans son souci de donner la parole aux sans-voix, aux opprimés, aux victimes et de se dresser, sans relâche, contre la guerre et l’exclusion. Par une écriture juste et engagée qui donne de la force à ce récit, il dénonce l’exil forcé, les brimades, l’injustice... Les voix du récit s’entremêlent pour nous emporter dans une histoire forte et entière, qui ne laisse pas le lecteur indifférent et le pousse à reconsidérer les questions de l’exil et de l’exclusion…

Soren disparu

«  Il a réglé la course, est sorti en sifflotant et, sans se retourner, il a soulevé son chapeau en guise d’adieu  », telle est la dernière image qu’a laissée Soren. Nous sommes à Bordeaux, en novembre 2017, et ce musicien et producteur âgé de cinquante-huit ans a demandé au chauffeur de taxi de le déposer à l’entrée du Pont de pierre. Après, plus rien… plus de Soren. Qu’est-il advenu ? Le roman de Francis Dannemark et Véronique Biefnot s’ouvre sur cette disparition et met en récit plusieurs voix. Elles ont toutes connu Soren, de près ou de loin. Chacune d’elles plonge dans ses souvenirs, exhume des moments passés en sa compagnie, des instants de sa vie et, dans une polyphonie où les sonorités tantôt se répondent tantôt dissonent, elles livrent au lecteur une reconfiguration de ce mystérieux Soren, tentant de lui éclairer le mobile de son départ. Chacune y va de sa modulation. «  On dira Soren ceci, Soren cela.. on dit tant de choses, mais au fond, qu’est-ce qu’on sait ?  » Lire aussi : un extrait de  Soren disparu  La construction du roman joue sur un décalage entre temps de narration et temps de récit. Tandis que cette volatilisation du personnage principal orchestre les interventions des différents narrateurs – celui-là l’a appris par téléphone, l’autre en écoutant la radio, celui-ci l’annonce à son père, un autre encore y songe à partir d’une photo de chanteuse dans un magazine etc. –, les récits font appel à une mémoire narrative qui reconstruit, rend présente une antériorité qui parcourt la vie du disparu, de son enfance à cette nuit sur le pont. «  Un souvenir entraîne l’autre. Quand on commence, on n’en finirait plus…  »Cette temporalité se déploie dans une spatialité qui accroît le côté mémoriel des interventions. Le lecteur arpente un Bruxelles d’autrefois ; de l’auditoires de l’ULB au Monty, le piano-bar-cinéma d’Ixelles, près de Fernand Cocq, de la chaussée de Ninove au Mirano Continental, la capitale se fait le lieu de ce festival narratif. [L]es soirs où je glandais, on traînait ici ou là, au Styx, on attendait une heure du mat’, avant ça, rien de bien ne se passait nulle part. À pied la plupart du temps, on allait jusqu’à la Bourse, au Falstaff, à l’Archiduc…, on se faisait parfois refouler à l’entrée quand on était trop murgés ou trop nombreux, ou qu’un truc nous avait énervés, un film ou un bouquin, et que la discussion déraillait. On buvait du maitrank ou des half en half, ou rien, ça dépendait de qui payait la tournée, ensuite, on montait le nord, sous le viaduc, vers l’Ex, ou alors à la rue du Sel parfois.  Cent-douze récits rythment ce roman choral où la musique est omniprésente . Fitzgerald, Les Stranglers, Wire, Chet Baker, Branduardi, Kevin Ayers, Neil Young, … La compilation forme une constellation où luisent les traits saillants qui permettent d’appréhender, par fragments, le disparu, de retracer son parcours, avec, en fond, ces musiques qui résonnent et accompagnent la lecture.Le duo Biefnot-Dannemark, déjà connu pour La route des coquelicots (2015), Au tour de l’amour (2015), Kyrielle Blues (2016) et Place des ombres, après la brume (2017), offre un nouveau quatre mains avec Soren disparu . Un roman kaléidoscope où se font échos les témoins de la vie de Soren ; lesquels, dans l’exploration du pourquoi et du comment d’une perte, mettent en lumière le temps qui passe, la complexité de l’existence et sa fugacité.Une nuit, traversant un pont, Soren disparaît. Tour à tour producteur, musicien, organisateur de festivals, cet homme multiple n'a eu de cesse d'arpenter le monde de la musique. Pour percer le mystère de sa disparition, une centaine de témoins…