Menues monnaies



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Le Carnet et les Instants

Jean Luc Werpin verse dans le haïku comme un enfant plonge dans une meule de foin. Il s’y enfonce à se perdre et l’air hirsute, il en ressort plein d’épis et de fétus accrochés aux vêtements, de poussières et de pollens sur le visage comme autant d’étoiles dans les yeux. Une à une, il extrait ses ardentes et hasardeuses prises des mailles de ses habits pour les rassembler aujourd’hui, tel un herbier disparate, dans un recueil nommé Menues monnaies.mot à motje découpe le silence~ écouteSa mitraille est le revenu de campagnes de chasse aux impressions nouvelles, arrachées sur le terrain du réel. Il y cherche la bonne formule, la bonne idée, la bonne image, le bon mot, susceptibles de modeler ses expériences…


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Un almanach de 365 tercets entre haïkus et aphorismes…

Ce que le bleu ne sait pas du fragile

La poésie d’Anne-Marielle Wilwerth semble ici, plus que jamais, voguer à la crête des vagues. Largement inspiré de l’univers maritime dont l’auteure se sent proche, Ce que le bleu ne sait pas du fragile navigue de Charybde en Scylla vers un horizon visible mais indépassable. Sous le signe de la couleur bleue, si chère à l’écrivain-voyageur Nicolas Bouvier ou à Georges Perros dans ses Poèmes bleus , la poésie épurée – presque des haïkus –  suit le rythme lent de l’eau. Elle en épouse  le léger roulis, tangue sur l’océan de l’écriture qui est toujours à reprendre comme on reprend la mer après une escale forcée. Écrire un peu comme on maraude et jeter l’ancre sans réfléchir dans l’intensément bleu du vivre Seul le silence, un des thèmes privilégiés de la poétesse, peut dénicher l’intensité du présent qui s’affirme. La poésie comme «  un archet sur l’accordéon du silence  » qui dit ce silence auquel il convient de prêter attention pour capter, avec humilité, les étincelles du vivant, les éclats du vent. Les vagues parlent si bas qu’on les entend à peine C’est l’instant où le silence éteint l’incendie des inutiles bavardages  L’auteure, bergère du silence, maîtrise à la perfection cette poésie de l’intime qui questionne la fragilité de notre présence au monde. Sans fracas, sans mots superflus, les textes pointent les soubresauts d’une époque, la nôtre, décidément bien trop volubile. Le silence de la mer dès lors fait du bien, apaise le lecteur qui prend, avec ces textes, le temps du souffle. Le temps d’un moment suspendu, comme quand on lit un recueil d’Anne-Marielle Wilwerth, sous une brise légère, à la terrasse d’un café face aux gréements bleus qui grincent dans un petit port de pêche.                                                                                                                …