Martine : L'éternelle jeunesse d'une icône | Objectif plumes

Martine : L'éternelle jeunesse d'une icône

RÉSUMÉ

Petite fille gaie et curieuse née en 1954 de l’imagination de Marcel Marlier et Gilbert Delahaye, Martine a vécu mille aventures et conquis plusieurs générations de lecteurs, incarnant l’enfance et le bonheur. Forte d’un succès jamais démenti, la série représente aujourd’hui un phénomène éditorial hors du commun.

Illustré de nombreuses archives, cet ouvrage s’intéresse aux raisons de cette popularité, à l’histoire et aux qualités singulières de Martine, pour explorer en particulier sa capacité unique à accompagner les évolutions de la société. Il permet de comprendre comment, en sept décennies, Martine a dépassé le statut de personnage pour devenir une véritable icône populaire.

À PROPOS DES AUTEURS
Gilbert DELAHAYE

Auteur de Martine : L'éternelle jeunesse d'une icône

19 mars 1923 : Naissance de Gilbert Delahaye à Saint-Pierre-de-Franqueville, près de Rouen. Père belge et mère normande.1926 : La famille se fixe à Dunkerque, rue Lamartine (!). L'enfance du garçon est partagée entre la mer du Nord, les vacances normandes et les visites chez les grands-parents tournaisiens. L'étudiant fait ses classes à l'Institut Notre-Dame des Dunes.Mai 1937 : Gilbert Delahaye poursuit ses études chez les Pères Jésuites à Tournai, où ses parents s'installent définitivement. Il écrit ses premiers poèmes.1940 : Tournai flambe. Dunkerque agonise. Il évacue jusqu'en Charente. En 1941, rentrée à Tournai. Une passion : De Gaulle. Un auteur : Van der Meersch. Etudes de typographie à Saint-Luc.1944 : Libération de Tournai le 2 septembre. Gilbert Delahaye offre ses services aux Editions Casterman, pour le département composition. Il y restera trente ans.1946 : Mariage avec une Tournaisienne, fille du «pays roctier». Naissance de Bernadette (1947) et de Jean-Pierre (1949).1949 : Gilbert Delahaye fréquente les Jeunesses littéraires de Belgique et les Jeunes Lettres hennuyères (Roger Foulon, Remo Pozzetti). Un dimanche de septembre, Robert-Lucien Geeraert lui fait part de ses projets. Jeune Tournay est bientôt fondé, rebaptisé Unimuse en 1952. Rencontres avec Jacques Elan, Stiénon du Pré, Géo Libbrecht, Maurice Carême, Armand Bernier, Gérin, Trézel.1950 : Le poète publie sa première plaquette : Marines.1954 : Les premiers albums Martine paraissent chez Casterman, illustrés par Marcel Marlier : Martine à la ferme, Martine en voyage.1957 : Gilbert Delahaye rencontre Wilfried Lucas et René Fauchois qui le parrainent auprès de la Société des Ecrivains normands. Il aura ainsi le plaisir de connaître Roger Bésus, Michel de Saint-Pierre, Jean Follain.1963 : Mort du père du poète. L'écrivain publie quelques recueils remarqués et consacre une anthologie à Maurice Carême, dont il se sent proche (1969).1973 : Gilbert Delahaye rompt avec son passé professionnel et devient «indépendant». Il perd sa mère.de 1962 à 1985 : Il assure la vice-présidence d'Unimuse, mais la mort de Robert-Lucien Geeraert (1984) laisse chez lui un grand vide. Au poète défunt, il consacre un essai.1994 : Gilbert Delahaye (scénariste) et Marcel Marlier (dessinateur) fêtent à la Maison de la Culture de Tournai les 40 ans de Martine.
Marcel Marlier

Illustrateur de Martine : L'éternelle jeunesse d'une icône

Marcel Marlier est un illustrateur belge né en 1930 et décédé en 2011. Il surtout connu pour avoir créé (avec Gilbert Delahaye) et illustré, la série Martine.
Laurence Boudart

Auteur de Martine : L'éternelle jeunesse d'une icône

Laurence Boudart est licenciée en traduction et docteure en lettres modernes. Après avoir enseigné le français, les littératures et cultures francophones ainsi que la traduction à l’Université de Valladolid, elle occupe le poste de directrice aux Archives & Musée de la Littérature depuis fin 2019. Elle a écrit une soixantaine d’articles et de communications portant essentiellement sur les lettres belges et est coautrice d’ouvrages collectifs et d’éditions critiques.
Marcel Marlier

Illustrateur de Martine : L'éternelle jeunesse d'une icône

Marcel Marlier est un illustrateur belge né en 1930 et décédé en 2011. Il surtout connu pour avoir créé (avec Gilbert Delahaye) et illustré, la série Martine.

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À propos du livre Il est toujours périlleux d'aborder l'oeuvre d'un grand écrivain en isolant un des aspects de sa personnalité et une des faces de son talent. À force d'examiner l'arbre à la loupe, l'analyste risque de perdre de vue la forêt qui l'entoure et le justifie. Je ne me dissimule nullement que le sujet de cette étude m'expose ainsi à un double danger : étudier l'oeuvre — et encore uniquement l'oeuvre en prose de fiction — d'un homme que la renommée range d'abord parmi les poètes et, dans cette oeuvre, tenter de mettre en lumière l'élément fantastique de préférence à tout autre, peut apparaître comme un propos qui ne rend pas à l'un de nos plus grands écrivains une justice suffisante. À l'issue de cette étude ces craintes se sont quelque peu effacées. La vérité est que, en prose aussi bien qu'en vers, Marcel Thiry ne cesse pas un instant d'être poète, et que le regard posé sur le monde par le romancier et le nouvelliste a la même acuité, les mêmes qualités d'invention que celui de l'auteur des poèmes. C'est presque simultanément que se sont amorcées, vers les années vingt, les voies multiples qu'allait emprunter l'oeuvre littéraire de M. Thiry pendant plus de cinquante années : la voie de la poésie avec, en 1919, Le Coeur et les Sens mais surtout avec Toi qui pâlis au nom de Vancouver en 1924; la voie très diverse de l'écriture en prose avec, en 1922, un roman intitulé Le Goût du Malheur , un récit autobiographique paru en 1919, Soldats belges à l'armée russe , ou encore, en 1921, un court essai politique, Voir Grand. Quelques idées sur l'alliance française . Cet opuscule relève de cette branche très féconde de son activité littéraire que je n'étudierai pas mais qui témoigne que M. Thiry a participé aux événements de son temps aussi bien sur le plan de l'écriture que sur celui de l'action. On verra que j'ai tenté, aussi fréquemment que je l'ai pu, de situer en concordance les vers et la prose qui, à travers toute l'oeuvre, s'interpellent et se répondent. Le dialogue devient parfois à ce point étroit qu'il tend à l'unisson comme dans les Attouchements des sonnets de Shakespeare où commentaires critiques, traductions, transpositions poétiques participent d'une même rêverie qui prend conscience d'elle-même tantôt en prose, tantôt en vers, ou encore comme dans Marchands qui propose une alternance de poèmes et de nouvelles qui, groupés par deux, sont comme le double signifiant d'un même signifié. Il n'est pas rare de trouver ainsi de véritables doublets qui révèlent une source d'inspiration identique. Outre l'exemple de Marchands , on pourrait encore évoquer la nouvelle Simul qui apparaît comme une certaine occurrence de cette vérité générale et abstraite dont le poème de Vie Poésie qui porte le même titre recèle tous les possibles. Citons aussi le roman Voie-Lactée dont le dénouement rappelle un événement réel qui a aussi inspiré à M. Thiry la Prose des cellules He La. Je n'ai donc eu que l'embarras du choix pour placer en épigraphe à chaque chapitre quelques vers qui exprimaient ou confirmaient ce que l'analyse des oeuvres tentait de dégager. Bien sûr, la forme n'est pas indifférente, et même s'il y a concordance entre les thèmes et identité entre les motifs d'inspiration, il n'y a jamais équivalence : le recours à l'écriture en prose est une nécessité que la chose à dire, à la recherche d'un langage propre, impose pour son accession à l'existence. C'est précisément aux «rapports qui peuvent être décelés entre ces deux aspects» de l'activité littéraire de Marcel Thiry que Robert Vivier a consacré son Introduction aux récits en prose d'un poète qui préface l'édition originale des Nouvelles du Grand Possible . Cette étude d'une dizaine de pages constitue sans doute ce que l'on a écrit de plus fin et de plus éclairant sur les caractères spécifiques de l'oeuvre en prose; elle en arrive à formuler la proposition suivante : «Aussi ne doit-on pas s'étonner que, tout en gardant le vers pour l'examen immédiat et comme privé des émotions, il se soit décidé à en confier l'examen différé et public à la prose, avec tous les développements persuasifs et les détours didactiques dont elle offre la possibilité. Et sa narration accueillera dans la clarté de l'aventure signifiante plus d'un thème et d'une obsession dont son lyrisme s'était sourdement nourri.» Car, sans pour autant adopter la position extrême que défend, par exemple, Tzvetan Todorov dans son Introduction à la littérature fantastique, et qui consiste à affirmer que la poésie ne renvoie pas à un monde extérieur à elle-même, n'est pas représentative du monde sensible (et d'en déduire — j'y reviendrai dans la quatrième partie — que poésie et fantastique sont, pour cette raison, incompatibles), on peut cependant accepter comme relativement sûr que la traduction en termes de réalité ne s'opère pas de la même façon lors de la lecture d'un texte en prose ou d'un poème. C'est donc tout naturellement qu'un écrivain recourra à la prose, dont l'effet de réel est plus assuré, dont le caractère de vraisemblance est plus certain, chaque fois qu'il s'agira pour lui, essentiellement, d'interroger la réalité pour en solliciter les failles, d'analyser la condition humaine pour en déceler les contraintes ou en tester les latitudes. Le développement dans la durée permet l'épanouissement d'une idée, la mise à l'épreuve d'une hypothèse que la poésie aurait tendance à suspendre hors du réel et à cristalliser en objet de langage, pour les porter, en quelque sorte, à un degré supérieur d'existence, celui de la non-contingence. Il n'est sans doute pas sans intérêt de rappeler que, dans un discours académique dont l'objet était de définir la fonction du poème, M. Thiry n'a pas craint de reprendre à son compte, avec ce mélange d'audace et d'ironie envers lui-même qui caractérise nombre de ses communications, cette proposition de G. Benn et de T. S. Eliot pour qui la poésie n'a pas à communiquer et qui ne reconnaissent comme fonction du poème que celle d'être. La projection dans une histoire, l'incarnation par des personnages, la mise en situation dans un décor comme l'utilisation de procédés propres à la narration permettent une mise à distance qui favorise l'analyse et la spéculation et qui appelle en même temps une participation du lecteur. Parallèlement, on peut sans doute comprendre pourquoi presque toute l'oeuvre de fiction est de nature fantastique ou, dans les cas moins flagrants, teintée de fantastique. Car la création d'histoires où l'étrange et l'insolite ont leur part est aussi une manière de manifester ce désir de remettre en cause les structures du réel ou tout au moins de les interroger. Pour l'auteur d' Échec au Temps , la tentation de l'impossible est une constante et l'événement fantastique est le dernier refuge de l'espérance. Son oeuvre se nourrit à la fois de révolte et de nostalgie. Révolte contre l'irréversibilité du temps humain dans Échec au Temps , révolte contre le caractère irréparable de la mort qui sépare ceux qui s'aiment dans Nondum Jam Non , dans Distances , révolte contre l'injustice des choix imposés à l'homme dans Simul , révolte contre les tyrannies médiocres du commerce dans Marchands … Nostalgie du temps passé, du temps perdu, du temps d'avant la faute, nostalgie de tous les possibles non réalisés, de la liberté défendue, de la pureté impossible. Nostalgie complémentaire de la révolte et qui traverse toute l'oeuvre de Marcel Thiry comme un leitmotiv douloureux. Comme l'écrit Robert Vivier, «le thème secret et constant de Thiry, c'est évidemment l'amour anxieux du bonheur de vivre ou plus exactement peut-être le désir, perpétuellement menacé par la lucidité, de trouver du bonheur à vivre». Où trouver, où retrouver un bonheur que la vie interdit sinon dans la grande surprise du hasard qui suspendrait les lois du monde? 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