L'homme des villes


RÉSUMÉ

A partir des collages de Maja Polackova, trois écrivains,Jacques De Decker, Paul Emond, Claude Javeau proposent de courtes fictions libres sur le thème de l’homme des villes.
Cet ouvrage constitue une rencontre entre les arts plastiques et la littérature.

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À PROPOS DE L'AUTEUR
Claude Javeau
Auteur de L'homme des villes
Claude Javeau est un sociologue et écrivain belge. Possédant d’abord une formation d'ingénieur commercial, il entame par la suite des études de sciences commerciales et financières et devient Docteur en sciences sociales en 1977. Au début des années 80, il devient directeur du centre de Sociologie générale de l'ULB à la suite d'Henri Janne. Il est également président du Centre Culturel Arabe de Wallonie-Bruxelles. Il fut directeur de la "Revue de l'Institut de Sociologie" jusqu'en 2005 et en est resté par la suite éditeur. Ses publications traitent principalement de sociologie mais il a également écrit des essais et des œuvres littéraires. Claude Javeau est mort en 2021, à l'âge de 80 ans.
Paul Emond
Auteur de L'homme des villes
Romancier, essayiste, Paul Emond (Bruxelles, 1944) est devenu, depuis sa première pièce, Les Pupilles du tigre, qui date de 1984, l’un de nos dramaturges les plus féconds et les plus fascinants. Mais ce docteur en philologie romane, qui fut longtemps attaché aux Archives et Musée de la Littérature et enseigna à la Cambre et à l’Iad, avait débuté dix ans avant avec un essai sur Jean Cayrol et peu après avec un premier roman, La Danse du fumiste, genre dans lequel il donna il y a peu son œuvre la plus accomplie, La Visite du plénipotentiaire culturel à la basilique des collines. Son esthétique, qui se vérifie aussi bien dans ses proses au dans ses pièces, est à la fois rigoureuse et joueuse, grave et ludique. Elle se perçoit particulièrement dans des comédies ironiques que l’on ne peut que situer dans l’orbite d’un Kundera, ce qui n’étonnera pas de la part de quelqu’un qui séjourna longtemps en Tchécoslovaquie, et dont l’épouse est Slovaque. D’ailleurs, ses Inaccessibles amours ne sont-elles pas un clin d’œil à l’auteur de Risibles amours ? De Caprices d’image à Grincements et autres bruits, de Malaga aux Îles flottantes, son œuvre avance, avec une rare cohérence, sur la voie d’une dramaturgie intelligente et inventive, où la comédie sert de révélateur des aberrations publiques et des malentendus privés. Détenteur des prix triennaux du roman et du théâtre, il a obtenu le prix Praga de l’Académie pour sa pièce Le Sourire du diable, une réflexion sur les ambiguïtés de la démocratie technocratique qui fut créée à l’Atelier Théâtral de Louvain. Il est aussi l’auteur de nombreuses adaptations, notamment d’un Tristan et Yseut dont  les Baladins du Miroir ont fait un très grand succès.
Jacques De Decker
Auteur de L'homme des villes
En 1963, l'année où il entame ses études de philologie germanique à l'ULB, Jacques De Decker débute comme acteur : il joue le rôle de Monsieur Martin dans La Cantatrice Chauve au Théâtre de l'Esprit Frappeur, qu'il vient de fonder avec son ami Albert-André Lheureux rencontré à l'Athénée de Schaerbeek (où ils eurent pour maître commun Paul Delsemme). Théâtre et connaissance des langues : les deux se rejoindront lorsque six ans plus tard se jouera dans la même petite salle une première pièce qu'il aura adaptée de l'anglais. Entre-temps, il aura achevé sa licence avec un mémoire (écrit en néerlandais) sur le théâtre de Hugo Claus qui paraîtra en 1971 à Anvers sous le titre Over Claus' Toneel. Théâtre, plurilinguisme, approche critique : les trois premières bases d'une activité sont jetées. Il va largement développer son activité d'adaptateur de pièces des répertoires anglo-saxon, néerlandais, allemand, et transposer, au cours des décennies qui suivront, plus de soixante ouvrages, tant classiques que contemporains, et pour la plupart des scènes belges : Rideau de Bruxelles, Théâtre National, Parc, Galeries, Atelier Théâtral de Louvain, Poche, en se focalisant particulièrement sur la compagnie Théâtre en Liberté et le Théâtre de la Place des Martyrs, animés par Daniel Scahaise, pour qui il adapte Shakespeare, Goethe, Wedekind, Schnitzler, Brecht, même Tchekhov et Strindberg. Sa collaboration avec le metteur en scène Jean-Claude Idée est très régulière également : ils présenteront notamment, en 1998, à l'occasion du jubilé de Goethe, Egmont dans la cour de l'hôtel de ville de Bruxelles. Idée montera aussi des pièces originales de De Decker : Tranches de dimanche en 1988, Le Magnolia en 2000 qui depuis a été joué au Théâtre Hébertot à Paris ainsi qu'au Théâtre National de Riga. Petit Matin, sa première pièce, l'auteur l'aura montée lui-même en 1976 au Rideau de Bruxelles (Claude Etienne ne la lui avait-il pas commandée?). Ses autres mises en scène, il les a réalisées au Théâtre Poème, dirigeant Monique Dorsel dans des textes de Joyce, Claire Lejeune, Pierre Mertens. Dans le même théâtre sera créé Petit Matin, Grand Soir, développement de la pièce inaugurale. Jeu d'intérieur y sera également montée, après avoir été créée à l'Esprit Frappeur et avant d'être à l'affiche du Festival d'Adélaïde en Australie. Entre-temps, De Decker poursuit son travail d'enseignant : à l'École d'Interprètes Internationaux de l'Université de Mons (langue et culture néerlandaises), à l'Insas, au Conservatoire de Bruxelles (histoire du Théâtre) et dès 1971, à l'invitation de Jean Tordeur qui l'accueillera, vingt-sept ans plus tard, à l'Académie, il devient critique littéraire au journal Le Soir, auquel il est toujours attaché, et dont il dirigea le service culturel de 1985 à 1990. Ses articles seront réunis dans plusieurs ensembles critiques : Les années critiques. Les Septantrionaux en 1990, En lisant, en écoutant en 1996, La brosse à relire en 1998. En 1985, il débute dans le roman avec La Grande Roue, qui est encore un hommage au théâtre, puisqu'il a pour modèle La Ronde de Schnitzler. Pol Vandromme en écrira : « Schnitzler avait la cruauté dans les yeux, Jacques De Decker a le visage de la miséricorde. » Le livre sera retenu dans la première sélection du prix Goncourt. Comme le roman suivant, Parades amoureuses, en 1990, figurera dans celle du Renaudot. En 1996, Le Ventre de la baleine s'inspirera des interrogations laissées par l'affaire Cools. Ce roman est le signe manifeste du souci qu'a De Decker de l'investissement des écrivains dans les questions d'actualité. C'est dans cet esprit qu'il relance avec l'éditrice Luce Wilquin en 1998 la revue Marginales, créée en 1945, année de sa naissance, par Albert Ayguesparse à qui il avait succédé à l'Académie. Jacques de Decker est décédé en avril 2020.

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