Le livre de Mahomet : la genèse de l'islam


RÉSUMÉ

« Que vais-je faire sans toi ? pleurait-il. Tu m’as donné un métier et permis des voyages, tu m’as offert la fortune et la considération, tu étais le verger où poussaient les fruits parfumés du bonheur familial, le puits intarissable d’où jaillissaient les ondes de la complicité, la première tu as cru en moi et jamais tu n’as failli, tu étais cette montagne à laquelle j’adossais la demeure de mon âme. »

Ces paroles, Mahomet les adresse à son épouse Khadidja défunte. Oui, Mahomet, le Prophète de l’Islam. A mille lieues des clichés et des élucubrations colportées à son encontre. Un Mahomet amoureux et respectueux de la femme, défenseur de la veuve et de l’orphelin, réformateur et innovateur, en quête d’équité et de vérité. Le véritable Mahomet.

Un Mahomet dont nous découvrirons les racines et la formation, les affections, l’ascension sociale et spirituelle, les réactions face à la Révélation du Coran, les épreuves supportées avec abnégation et courage à la Mekke, avant le départ pour Médine (l’Hégire) et l’avènement officiel de l’Islam.

Pour aller à sa rencontre, Philippe Remy-Wilkin a étudié les traditionnistes musulmans comme les orientalistes occidentaux. Au final, il conjugue l’immersion intellectuelle et l’empathie du cœur pour nous livrer un conte lyrique aussi passionnant qu’émouvant, aussi fluide qu’instructif. Qui mêle l’action et la réflexion, le sacré et le fantastique, l’histoire et le rêve, la poésie et l’humour. Avec, en contrepoint, les illustrations de Nikolas List, qui a réussi la gageure de donner (magnifiquement) vie au Prophète tout en respectant… l’interdit de sa représentation.


À PROPOS DE L'AUTEUR
Philippe Remy-Wilkin
Auteur de Le livre de Mahomet : la genèse de l'islam
J’ai été conçu en Afrique, suis né à Bruxelles mais ai passé toute ma jeunesse dans le Tournaisis. Je tente d’y lire une prédisposition pour ce qui m’a toujours animé, soit un grand écart entre passion du grand large et souci des racines, de l’intime. Ce qui me mènera à animer des feuilletons sur l’histoire du cinéma ou sur l’édition belge ; à écrire sur Colomb et Gilgamesh, mais sur Bruxelles et Tournai aussi. J’ai rejoint ma ville natale pour des études à l’ULB (philologie), m’y suis marié (1986, un fils né en 1991) et fixé, remisant licence/agrégation pour organiser ma vie autour de la création, y juxtaposant deux autres vies, un boulot administratif en soirée, une activité intense de médiateur culturel (articles ou dossiers dans Le Carnet et les Instants, Les Belles Phrases, Karoo/Indications, etc. ; chroniques mensuelles sur Radio Air-Libre). Ma passion de l’écriture, je la décline sous toutes ses formes, avec, en filigrane, deux invariants : l’Histoire et le goût du récit palpitant. Des scénarios, des nouvelles, des études historiques, des recueils de récits authentiques, des contes illustrés, des romans, des articles. Publiés à Paris, Bruxelles, Genève, Milan, etc. Le tout sans préjugé, passant d’une grande maison (Phébus, Bayard, etc.) à une petite structure indépendante, et inversement, au gré des adéquations. Signe distinctif : je tente d’élaborer un cycle romanesque conjuguant une littérarité européenne avec la capacité narrative anglo-saxonne… tout en donnant des couleurs à une identité belge ouverte.  

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Le musée des contradictions

On le sait depuis (presque) toujours, on l’a saisi dès ses débuts, déjà dans un livre comme Césarine de nuit , la voie écrite d’ Antoine Wauters serait la voix humaine. Une voix qui transcende les personnages – elle les révèle, les manifeste, les découvre, les déborde. Les ex-ternalise. Ainsi que l’écrivain nous le confiait lors d’un entretien pour la revue Vacarme  (2019) : «  Il est très difficile pour moi de parler de personnages parce que je ne peux le faire sans penser d’abord à leur voix, à leur langue. Ils ne tiennent que de cette façon. Le personnage principal de l’histoire, c’est l’écriture, la langue  ». S’il n’y avait que deux voix dans l’intense et chaleureux Mahmoud ou la montée des eaux ( prix Marguerite Duras et prix Wepler , 2021), celle du vieux poète syrien à bord de sa barque sur le lac el-Assad et celle de sa femme amoureuse de poésie, elles se multiplient dans Le musée des contradictions . Ici, elles disent en solo, en duo, elles disent à la place de l’autre, elles disent en chœur, à l’unisson, en diffraction. Elles s’adressent à un juge, un président, à une femme adorée, une voisine, aux maris (elles sont souvent féminines), etc. ; en fin de compte (conte), elles s’adressent au lecteur, à la lectrice qui les reçoit en plein cœur – les voix passent à travers la raison comme à travers les parois.Elles sont,les voix,en deçà et au-delà,elles viennent deet vont aucœurdes choses,des événements,des sentiments.De la vie.Jusqu’à nous déstabiliser,nous emporter dans ce monde au borddu gouffre,du vide ;un monde détraqué, qui court à sa perte ;un monde séparé de l’enfance ;un monde d’avant le désastre climatique, apocalyptique ;un monde en cendre,fou de croissance,avec en susla démocratie mis à mal ;l’humanité, n’en parlons pas.Ce monde :le nôtre.Et comme dans chaque livre d’Antoine Wauters, malgré la dureté des propos, de la désillusion, se dégage, dialectiquement, une douceur, un appel à la vie, à la liberté, à l’enfance, et aussi et surtout, une invitation à la joie.La joie,elle est là,affleurant,à portée de mots,à l’envers de la boue ;elle est là,dans la langue poétiqued’Antoine Wauters.Elle est là, comme un endroit pour(continuer à)vivre.Elle est là : venue de la littérature (Italo Calvino, Sylvia Plath, Ingebord Bachmann, Cormac McCarthy…), «  loin de l’autre langue, celle que l’on nous enseignait et dont la présence a menacé notre société  ».Elle est là :sauvage et salvatrice.Enchanteresse.Pour n’exister plus qu’en chantant. Michel Zumkir En savoir plus Le Musée des contradictions d'Antoine Wauters explore notre société. Sous des airs dystopiques, il reflète un monde cruellement vrai. Retenu parmi les finalistes du prix Goncourt de la nouvelle, ce livre cisaille autant qu’il éveille ! Le Musée des contradictions est un recueil de douze discours en colère. Dans chacun d’eux, Antoine Wauters prête sa plume à une voix collective impersonnelle qui apostrophe quelqu’un en vue de témoigner des dysfonctionnements de notre monde actuel. La société y est autopsiée sous tous ses angles, notamment grâce à une multiplication de voix et d’adresse : ça peut tout autant être des femmes qui parlent à leur mari qu’un discours adressé à Dieu par des personnes seulement caractérisées par la peur. Ces douze développements rhétoriques dénoncent et percutent nos manières de vivre, il est difficile en tant que lecteur de rester neutre face à ce qui y est exprimé. Le monde décrit est cruellement le nôtre. Chacun des discours concerne le lecteur directement ou lui fait penser au cas de quelqu’un qui lui est proche ou dont il aurait entendu parler. J’ai personnellement été touchée par cette fille qui parle à sa grand-mère morte de son rapport à la technologie dans le Discours d’un pays rétréci  : elle se questionne avant tout quant à la difficulté qu’ont les jeunes de se satisfaire d’activités vécues dans le moment présent sans s’inquiéter que quelque chose de mieux se passe ailleurs. Alors que dans le Discours d’au-delà du monde , j’ai été émue par la réflexion sur la naissance d’enfants dans ce monde. Les thèmes abordés sont variés, autant concrets que spirituels et les discours questionnent, dans tous les sens, la condition humaine. Prier, non. Mais le silence nous a semblé être un animal fabuleux, qui, bien qu’invisible, circulait dans la nef, derrière l’autel, partout. On est restés comme ça, à prier et penser. Puis, de peur que quelque chose se passe en notre absence, ou de louper un truc, on a envoyé des messages aux amis. Pour être sûrs. Et tu sais quoi ? Alors qu’on jetait sur nos écrans des regards à intervalles dangereusement proches, quelque chose s’est calmé, s’est tu, et on s’est mis à respirer plus paisiblement, car rien ne se passait en notre absence, tu vois. Rien de significatif. Rien de plus important que ce qui se tenait là, dans cette bougre de basilique. Rien de rien, Mamy. Tout le livre est traversé par la question de l’espoir. Les discours ont souvent deux temps : au départ, ils sont le lieu d’une rage déversée, mais vers la fin de ceux-ci, ils deviennent touchants. D’une rage empathique, le lecteur passe à de la compassion. D’ailleurs, le rythme des textes suit ce mouvement : les phrases sont tranchées et le style oral du discours renforce une certaine cadence de lecture. Les phrases deviennent ensuite, vers la fin des discours, plus longues et plus poétiques, soulignant un aspect plus sentimental. Dans ce déferlement de vérités sombres et fatales, une humanité à laquelle s’accrocher essaye de percer. Certes, nous pourrions être contaminées par la joie, mais les temps sont ce qu’ils sont et la douleur frappe. Elle frappe. Un jour, on se surprend à avoir mal aux arbres, aux oiseaux. Le lendemain, à l’avenir, aux jeux de nos enfants. On cherche le moyen de guérir. Où espérer ? À quoi s’accrocher ? On cherche un nom pour les siècles à venir. Un nom décent. Un nom possible. Il ne faut pas prendre peur face à ce texte philosophique et politiquement engagé. Celui-ci est accessible puisque les mots y sont simples bien que les idées y soient complexes. En outre, l’écriture de Antoine Wauters est extrêmement poétique  : certaines phrases se relisent pour la beauté avec laquelle les mots y sont assemblés. Les faits qui y sont dénoncés sont abordés à travers des vécus, ce qui permet au lecteur d’être proche des voix qui s’élèvent et de partager leurs ressentis quant à ces injustices. Petite anecdote : des expressions belges se remarquent, par exemple « avoir toutes les frites dans le même sachet ». Il est certes parfois difficile de saisir en un éclat d’esprit tout ce qui est dit, mais c’est un livre auquel on repense et dans lequel on se replonge tant les vérités nommées infusent l’esprit. Avec Le Musée des contradictions , Antoine Wauters représente notre monde avec des effets d’amplification ou de réduction, il écrit avec ses nerfs l’humanité.Des voix s’élèvent, s’approchent du centre de la scène qu’est ce livre et s’expriment. Ce qui les lie, c’est qu’elles portent toutes des contradictions. On pourrait s’en inquiéter, dans un monde où il faut constamment choisir son camp. Mais ici, l’homme n’est ni bon ni mauvais. Il hésite, souffre, espère et doute, comme nous tous. 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