La rose des vents


RÉSUMÉ
Recueil de chroniques parues dans la Revue Nouvelle qui parlent du temps, du vécu, de la mémoire, de l’amour et de la musique.


À PROPOS DE L'AUTEUR
Marie Denis
Auteur de La rose des vents
Née Éliane Stas de Richelle, Marie Denis est une autrice et féministe belge. Elle remporta le Prix Rossel en 1967 pour son deuxième roman, L'odeur du père.

AVIS D'UTILISATEURS

FIRST:xfirstword - "La rose des vents"
stdClass Object ( [audiences] => [domains] => Array ( [0] => 9548 ) )

Ceci pourrait également vous intéresser...

Casse-tête à Cointe

Voici donc le cinquième opus que Francis Groff consacre aux enquêtes de Stanislas Barberian dans la collection « Noir corbeau ». Les éditions Weyrich avaient imaginé cette collection en 2019 et donné consigne à leurs auteurs (outre Groff, ils sont cinq jusqu’à présent : Christian Libens , le tandem Dupuis-Dumont , Christian Joosten et Ziska Larouge ) de proposer aux lecteurs des romans policiers ayant pour décor la Belgique. La collection est placée sous l’expertise technique d’un commissaire divisionnaire en retraite, François Périlleux, ancien chef de la Crim’  à Liège…Dès le premier volume signé Groff, Morts sur la Sambre , le lecteur assistait à la naissance d’un personnage appelé à devenir, si son auteur en avait le souffle, récurrent comme les Holmes (et son comparse narrateur Watson), Maigret, Adam Dalgliesh, Monsieur Wens , Hercule Poirot (et ses «  petites cellules grises  »), Miss Marple, Cordelia Gray, Mary Lester, Kay Scarpetta : ils appartiennent à nos souvenirs addictifs de lecteurs passionnés par ces crimes dont d’habiles machineries littéraires dévoilent les énigmes. De tels personnages, au fil des volumes, prennent corps, évoluent, se complexifient comme un bon vin, devenant plus humains, moins schématiques, eux-mêmes dépositaires de secrets que les romanciers/ières vont débusquer avec gourmandise.Nous avons observé cette évolution avec les deux protagonistes récurrents des livres de Groff : le bouquiniste « carolo-parisien »  (Stanislas Barberian) qui a ouvert la librairie La malle aux livres à Montparnasse et sa « fiancée » Martine, elle aussi bouquiniste, installée au Sablon à Bruxelles. Tracés à grands traits dans le premier volume, le couple a développé au fil des pages ce qui le rendra de plus en plus attachant, comme le démontre le lectorat fidèle qui accueille avec enthousiasme chaque nouveau titre.Journaliste, scénariste et romancier, Francis Groff a entrelacé pour la réalisation de ses cinq romans les compétences et les méthodes de travail de ces trois métiers, complémentaires. Le journaliste, se rend en repérage dans la ville ou la région qui lui servira de décor. Le scénariste met en place dans la structure narrative les éléments recueillis auprès de personnes ressources. Ainsi équipé, le romancier peut alors lancer ses protagonistes  dans la « nouvelle enquête » de Barberian. Casse-tête à Cointe se déroule à Liège. C’est au hasard d’une expédition de deux « urbexeurs », racontée avec brio dès le préambule du roman, qu’apparaîtra la victime – décapitée – d’un acte criminel dont l’enquête mènera Barberian dans l’univers des trafiquants d’archives historiques. Comme à son habitude, Stanislas se trouve sur les lieux du crime au prétexte de son activité de bouquiniste et se voit confronté, à son corps défendant, à une enquête policière. Habitué de ne pas être le bienvenu dans le déroulement des investigations, il finira une nouvelle fois par apporter une contribution inattendue et bienvenue au dénouement de cette affaire de meurtre avec décapitation et de commerce illicite d’archives. Comme pour tout bon roman policier à énigme, il faut éviter de trop en dire au risque de dévoiler ( divulgâcher ) le fin mot de cette histoire qui se lit d’une traite, à l’instar des autres romans de Groff. Le lecteur se laisse séduire, au fil des 250 pages du livre, par la vivacité du récit, la personnalité de plus en plus attachante du personnage de Stanislas Barberian, la découverte de lieux (comme l’observatoire de Cointe), d’anecdotes historiques, mais aussi de la pratique très réglée de l’Urbex.Le lecteur habitué des « Enquêtes de Stanislas Barberian » retrouvera avec bonheur cette jubilation de Groff à insérer dans son roman les anecdotes, informations et détails historiques  dont on devine le zèle avec lequel le documentariste les a réunis. L’usage de la guillotine, les expositions universelles d’Anvers (1930) ou Liège (1936), les écrivains belges proches de la Cité ardente (Lamarche, Libert, Libens, Delhasse, Curvers, Vernes…) sont autant d’évocations que le romancier a glissées dans son récit.Et puis, pour ajouter à la délectation du lecteur, Groff ne manque pas d’user de cet humour pince-sans-rire et débonnaire qu’il a prêté, dès les premiers volumes, avec malice à son personnage, dont on attend déjà la prochaine enquête……

K-Gool®

Pierre HOFFELINCK , K-Gool® ,  Murmure des soirs, 255 p., 20 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978-2-930657-87-5Que de « cagoules » dans l’Histoire : celle du bourreau, celle de l’Extrême-droite française des années 30 (« La Cagoule »), celle du terroriste ou du cambrioleur, mais jamais encore nous n’avions rencontré K-Gool® …Ce petit ® signifierait-il que l’auteur, qui a réservé le droit de ce nom, a fait un pari sur l’avenir de l’anticipation, de la pertinence et de la fonction de cet étrange objet dans un autre récit ?K-Gool®… est cet accessoire de « bonheur » que les terriens de son roman portent avec obligation et jouissance. Mais revenons au début : une colonie de terriens sur Mars n’a plus de nouvelles depuis de nombreux mois de la terre, la terre ne répond plus, c’est le temps du Grand Silence. Malgré la crainte et les réticences de la plupart des colons, un homme, qui fait ici parfaite figure de héros de la dernière chance, Samuel Rhodes, Sam , décide de faire le long voyage qui durera six mois pour rejoindre la Terre. Une pandémie, une  extinction nucléaire, un cataclysme sont peut-être la raison tragique de ce lancinant silence… Jusque-là, rien de nouveau sous le soleil littéraire ni cinématographique.Le voyage est long, très long, six mois de solitude ; Sam Rhodes tente de s’entraîner physiquement mais il pense surtout à ce qu’ils étaient en train de construire sur Mars, à cette façon de prolonger l’humanité en l’ externalisant …L’atterrissage a enfin lieu… Mais ce qui frappe avant tout Sam Rhodes, c’est que tous, sans exception, et malgré le soleil radieux, avaient la tête enveloppée dans une pièce de tissu, comme les cambrioleurs des films policiers de son enfance, les traits dissimulés sous un bas nylon pour commettre leurs méfaits. C’étaient des masques intégraux qui, à l’exclusion d’une large ouverture pour la bouche et de deux petits trous pour le nez, recouvraient entièrement le visage, même les yeux.  (…) On pouvait même voir des enfants corpulents, des gorets gras prêts pour la broche, jouer à la balle en portant leur masque. Ou plutôt, ils faisaient semblant car, si le capitaine Rhodes reconnaissait bien les mouvements caractéristiques de ce genre d’exercice, il ne voyait aucune balle.  Julia, une jeune femme, tente de résister à sa façon à toutes ces tentations totalitaires réclamées par une population connectée au vide collectif.  Julia se bat pour sauver l’idée même de beauté et de tout ce qui fait le prix de l’humanité : l’art,  la conscience, le langage subtil… Entre Sam Rhodes et Julia, une histoire d’amour fondamental va naître, comme un Adam et Eve dans l’enfer virtuel. C’est l’homme et la femme dans le Wonderful world du cauchemar climatisé que nombre d’écrivains ont entrevu lors des siècles précédents, en ont aperçu et décrit les avatars avec une concrétude et une précision… qui empêche toujours les aveugles de voir.Julia, dans une confrontation avec Sam Rhodes sur le non-sens de cette déliquescence programmée, évoque tous les tenants et aboutissants de ce qu’elle connaît de l’Humanité, du langage, du Vide, du Réseau… «  L’originalité de notre temps, c’est que les mots appartiennent tous au Réseau, ce qui ouvre évidemment des perspectives. Cela permet… d’unifier le discours, dirais-je, le K-Gool®, finalement, ne change pas grand-chose. Il permet juste d’aller plus vite . » Pierre Hoffelinck a déjà publié plusieurs romans aux éditions Murmure des soirs et a montré son goût et sa dextérité narrative pour nous emmener dans des récits de l’ombre, du secret, du magique grâce à une langue tantôt baroque, tantôt fluide.Dans un univers éclairé par un lointain Jules Verne, un Philip K. Dick plus proche ou le français René Barjavel, Pierre Hoffelinck place les lectrices et les lecteurs dans un environnement littéraire marqué par l’anticipation, mais aussi ce qu’on pourrait appeler, depuis l’orwellien 1984 (alors marqué par le stalinisme) une littérature de la disparition linguistique, de la terreur langagière et de tout ce qui fait l’homme : le sens critique, le langage, sa capacité à nourrir des relations sociales conscientes et à ressentir des émotions dans des situations infinies.Car il s’agit de tout cela dans K-Gool®  et l’auteur sait mener avec talent ce grand récit d’aventure et de méditation sur la disparition du langage individuel passé sous les fourches caudines de la virtualité consumériste et de la pensée sommaire et réactionnelle : la première porte de l’Enfer. Daniel Simon Pourquoi la Terre ne répond-elle plus ? C’est pour découvrir la vérité que le capitaine Sam Rhodes entreprend un périlleux voyage de plusieurs millions de kilomètres à bord d’un vaisseau de fortune. La vérité... Quelques mots à griffonner au bas d’un rapport pour donner un sens à ce qui se passe. Rien de plus simple... Mais sur la Terre, que va retrouver Sam Rhodes ? Les mots ne sont plus le bien commun de tous les hommes. Ils ne courent plus librement de bouche en bouche. Toutes les vérités sont contrôlées. Pour accomplir sa mission, Sam devra déjouer les pièges d’un monde qu’il ne comprend plus, un monde soumis à la toute-puissance…