Comès. D’Ombre et de Silence


RÉSUMÉ
Lire Silence ou La Belette, c'est entrer dans un monde où l'on sent qu'auteur et création se confondent. Un monde dont le silence lui-même est une composante essentielle. Comprendre la personnalité de Comès, comprendre d'où il vient, aide à comprendre son art. En suivant cette intuition, Thierry Bellefroid a rencontré les témoins de l'éclosion d'un homme et de son oeuvre : amis de longue date, auteurs, éditeurs, musiciens, membres de la fratrie et de la famille, compagnes. Ce livre met en lumière l'aspect intemporel du travail de Comès, son souci de mise en avant des marginaux et ses interrogations existentielles. Le monde rural, la nature et la sorcellerie ne sont toutefois pas occultés. Son meilleur ami Hugo Pratt et ses complices du magazine (À Suivre) - José Muñoz ou François Schuiten -, permettent de comprendre, entre autres, ses influences artistiques et son traitement du noir et blanc.

À PROPOS DE L'AUTEUR
Thierry Bellefroid
Auteur de Comès. D’Ombre et de Silence

Thierry Bellefroid, journaliste et présentateur à la RTBF, a de nombreuses passions…
Il est l’auteur de trois romans, Madame K ou la juste place des choses (Luce Wilquin, 2001), Lâche et persévérant (Luce Wilquin, 2002), Mon père, sa mère (Racine, 2006), d’un recueil de nouvelles, Zestes mondains (Luce Wilquin, 2003) et d'un livre d'entretiens avec des éditeurs de bande dessinée (Les éditeurs de bande dessinée, Niffle, 2005).
Licencié en communication sociale de l’UCL, il débute comme journaliste pigiste à RTL, pendant 5 ans, avant d’intégrer la RTBF en 1993. Là, il réalise quelques grands reportages (dont l'un lui vaudra en 1995 le prix audiovisuel de journalisme du Crédit Communal - aujourd'hui Prix Dexia) avant d’accéder à la présentation de JT Soir. Puis c’est l’aventure Signé Dimanche où, pendant trois ans, il a reçu plus d’une centaine d’invités (dont plusieurs dizaines ont accepté, fait unique, de réaliser spécialement une séquence de trois minutes avec une équipe de reportage de la RTBF). En juin 2002, lors de ses deux dernières émissions, il accueillait le dessinateur Enki Bilal ainsi que l’écrivain Bernard-Henry Lévy. Comme un clin d’œil à deux de ses passions, la littérature et la bande dessinée. Puis Thierry Bellefroid réintègre l’équipe de reportage du JT et signe régulièrement, le lundi dans l’édition de la mi-journée, une séquence consacrée à la littérature, pour laquelle il recevra le prix Ex-Libris 2003 (catégorie audiovisuel), décerné par l’association des éditeurs belges (ADEB) pour « (sa) contribution remarquable à l’information sur le livre ».
Début 2004, il devient titulaire de la présentation du Journal de 13 heures à la RTBF télé. Parallèlement, il lance quelques mois plus tard avec Corinne Boulangier l'émission littéraire de la RTBF télé, Mille-Feuilles. Mensuelle durant deux saisons, elle est devenue bi-mensuelle lors de la troisième saison.
Il chronique par ailleurs les nouveautés en bandes dessinées en radio, sur La Première dans l’émission Culture Club de Corinne Boulangier et Eric Russon et occasionnellement dans Elle & Lui de Muriel Dujardin sur Pure FM. Il a été membre du Jury du festival international de la Bande Dessinée d'Angoulême en 2000, puis, pendant cinq ans, membre du comité de sélection de ce festival. Il est également membre de la Commission d'Aide à la Bande Dessinée de la Communauté Française depuis sa création.
Sa passion pour le 9e art l’a par ailleurs amené à signer nombre de critiques et d’interviews d’auteurs sur le site de BD Paradisio pour lesquelles les lecteurs soulignent que « ses critiques, (…) en général très bien faites car rarement destructrices, donnent en tout cas souvent l’envie d’acheter des albums »…

Didier Comès
Illustrateur de Comès. D’Ombre et de Silence
Dieter Hermann Comès est né en 1942, à Sourbrodt, en Belgique, à cinq kilomètres de la frontière allemande, dans les «Cantons de l'Est», territoires qui étaient, à l'époque, intégrés au troisième Reich. En 1945, après la Libération, il recouvre la nationalité belge et porte le prénom de Didier.Grâce à cette origine géographique particulière, à la pratique du bilinguisme familial, à la combinaison de deux cultures si antithétiques, on peut comprendre la richesse paradoxale et le déchirement latent de l'oeuvre. Ainsi, la guerre est plutôt vue du côté allemand dans L'Ombre ducorbeau; Silence, le bâtard muet, est le fils du gitan, l'étranger exécré; Pierre, l'adolescent autiste de La Belette, refoule la trop grande différence et la mésentente de ses parents et Hermann Koch, l'ancien S.S. racheté par son amitié avec Théophile, souffre d'un entourage hostile, pour lequel il demeure «le Boche»; Yva est l'androgyne fusionnel monstrueux et merveilleux, auquel rêvent les jumeaux d'Eva, aux accents rauques de Lili Marlène; la journaliste de L'Arbre-Coeur défend, par la violence guerrière et létale, son conte de petite fille; Cybèle, l'orpheline de La Maison où rêvent les arbres s'efface comme un trait de gomme, dans un univers magique régi par la vengeance des arbres sur la folie des hommes; finalement, grâce à l'intuition de Petite pisse partout, le chaman solitaire, rejeté par les siens, retrouve son identité et la force vitale du paradis perdu, dans Les Larmes du tigre. Au sortir de l'école, Didier Comès, dix-sept ans et un diplôme de dessinateur industriel en poche, ne se lance cependant pas dans la bande dessinée, mais travaille dans une usine textile à Verviers, de 1959 à 1969. A cette même époque, tout en ressentant une forte passion pour le jazz, qu'il pratique en semi-professionnel, il réalise quelques bandes dessinées en amateur, et cherche sa voie. Ainsi, en 1969, il s'exerce dans Le Soir Jeunesse, Spirou, avec Paul Deliege, ou Pilote (édition belge).Pour ce dernier périodique, il entreprend, en 1973, sa première grande série, Ergün l'Errant, réunissant les ingrédients du Space opera, récit de science-fiction qui traite d'exploration spatiale et de guerres galactiques. Après un premier récit intitulé Le Dieu Vivant, Dargaud ayant égaré les vingt premières planches du second épisode, il faudra attendre 1980 avant de connaître la suite, Le Maître des ténèbres.De 1976 à 1977, la formule belge de l'hebdomadaire Tintin accueille L'Ombre du corbeau, qui désoriente les jeunes lecteurs. Lorsque l'album sort en 1981, aux Éd. du Lombard, il est tout de même préfacé par J.-B. Baronian, spécialiste du fantastique .Cependant, de grands bouleversements vont modifier complètement la demande et le genre de la B.D. En effet, lorsque la revue A suivre est lancée, elle contacte Didier Comès et le succès ne se fait plus attendre. C'est ainsi que Silence obtient de belles récompenses.Pour l'an 2000, Didier Comès nous offre une méditation sur l'essentiel, dans un Canada intemporel, où le silence du dessin supplée l'économie du texte, sur les traces du Peuple Tigre, dont les larmes nous émeuvent.

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Corbeaux, chouettes, chats, homme-cerf, paysages enneigés, personnages marginaux anguleux, rites d’initiation, génie du silence graphique mettant en scène la Bataille des Ardennes, les sombres conflits entre villageois, la mise à mort des êtres différents… Quarante ans après la parution de l’album Silence, le chef-d’œuvre de Comès, à l’occasion de la souveraine exposition Comès au musée BELvue à Bruxelles dont il est le co-commissaire avec Éric Dubois, Thierry Bellefroid consacre un essai magistral à ce créateur hors norme décédé en 2013.Que l’œuvre de Dieter Comès né en 1942 à Sourbrodt dans les cantons de l’Est se doive d’être lue à partir de l’existence de ce maître absolu de la bande dessinée…


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