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Abstraction and Comics. Bande dessinée et abstraction

Qu’en est-il de la bande dessinée dite abstraite ? Quels sont ses ressorts historiques, sémiotiques ou formalistes ? Le très beau coffret de deux volumes, Bande dessinée et abstraction, rassemble des contributions et des créations originales qui explorent la grande variété de l’abstraction en bandes dessinées. L’abstraction doit-elle être comprise dans le sens qu’elle a pris dans l’histoire de l’art, en peinture ? Peut-on dire qu’elle définit un tournant moderniste touchant les arts visuels alors que, ab initio , depuis l’origine de l’art, la tendance à l’abstraction est présente ? Les opérateurs identifiant une BD expérimentant l’abstraction varient en fonction des théoriciens : là où Ibn Al Rabin nomme abstraction le non-figuratif, Andreï Molotiu la resserre autour de l’éviction de la narration. Les créations du collectif WREK avec l’artiste-graveur Olivier Deprez, celles de Pascal Leyder, Frank Vega, Berliac, Francie Shaw, Ilan Manouach et bien d’autres jouent la carte de la tension, du dialogue non mimétique avec les textes. L’irruption de quelques planches abstraites dans une BD ou la construction d’œuvres graphiques entièrement soutenues par l’abstraction modifient le «  régime scopique du spectateur  » (Jacques Dürrenmatt). Si le terme de bande dessinée abstraite se répand dans les années 2000, auparavant, bien des artistes ont construit des œuvres reposant sur des images non figuratives, par exemple géométriques, ou invalidant le dispositif narratif. Au travers des contributions de Jan Baetens, Jean-Charles Andrieu de Levis, Kakob F. Dittmar, Paul Fisher Davies, Jean-Louis Tilleuil, Denis Mellier et d’autres, il appert qu’il n’y a pas une abstraction mais des abstractions. Certains créateurs maintiennent une visée diégétique, un récit tandis que d’autres l’évacuent. De même, certains recourent à la figuration, d’autres la subvertissent. Purification d’une forme qui sonde la seule dimension graphique, le voir, sans plus se diluer dans le raconter, attention exclusive aux qualités plastiques des images, veine underground, autonomiste refusant les codifications et les dogmes de la BD, les circuits de production et de réception, exploration libre, mutante des ressources du médium, interrogation sur la fabrique des images, contestation de l’auctorialité… la bande dessinée abstraite expérimente bien des formes qui secouent l’horizon d’attente de lecteurs habitués à la lisibilité d’un récit (personnages, actions,  péripéties, contexte spatio-temporel…), une lisibilité poussée à ses extrémités avec la ligne claire. Les titres, les textes accompagnant les images restaurent parfois une trame narrative, orientant la réception des lecteurs.Choisir l’abstraction, c’est aussi s’abstraire des comics, accomplir «  un geste de rupture qui cherche à s’abstraire plus ou moins radicalement de l’hégémonie du récit  » (Denis Mellier), opter pour l’a-narrativité, s’affranchir de la «  tutelle du récit  » ou/et rompre avec le champ du figuratif. Qu’elles contestent l’impératif narratif, la représentation figurative ou les deux, les expressions multiples de la bande dessinée abstraite déterritorialisent la sphère du neuvième art, y traçant des lignes de fuite, des dispositifs qui déstratifient le genre. Autrement dit, elles illimitent les possibilités du médium, jouant de tous les registres de la narrativité minimale, de la visée de son degré zéro ou de la métanarrativité comme de ceux du figuratif.«  Ses tendances [de la BD] à l’abstraction sont peut-être constitutives de son discours graphique…

HMS Beagle, aux origines de Darwin

Londres, 1831. Le jeune Charles Darwin, impatient d'embarquer pour le périple de sa vie, prend place sur le HMS Beagle. Le voyage vers des…

The thing

Quand deux œuvres se font signe, que l’une prend forme à partir de l’autre, les liens, implicites ou explicites, ont des formes très diverses : il peut y avoir, de façon générale, une…

Les aventures de Tintin : On a marché sur la lune (tome 17)

À l’occasion du cinquantième anniversaire des premiers pas de l’homme sur la Lune, Casterman…

Abrégé de la bande dessinée franco-belge

Curieux ouvrage que cet Abrégé de la bande dessinée franco-belge livré par la maison d’édition indépendante La 5e…

Au cœur de la montagne

Un jour, Nella est traversée d’un sentiment impérieux : Nonna va bientôt s’éteindre, ses pulsations cardiaques s’affaiblissent,…

Le roman-photo

ublié dans la dynamique collection « La petite bédéthèque des savoirs » créée par David Vandermeulen, Le roman-photo de Jan Baetens (textes) et Caroline Mélois (dessins et couleurs) explore…

Les métamorphoses de Spirou. Le dynamisme d’une série de bande dessinée

Il était grand temps que le célèbre groom noir jaune rouge acquière ses lettres de noblesse et rejoigne le panthéon des personnages les plus glosés du Neuvième art belge – aux côtés de Tintin, les Schtroumpfs, Gaston Lagaffe ou encore Lucky Luke… Voilà qui est chose faite grâce au somptueux recueil collectif Les métamorphoses de Spirou (papier glacé, nombreuse illustrations en couleur savamment agencées, etc.). L’intérêt du personnage de Spirou ne repose pas que sur son pedigree. Dans un chapitre inaugural captivant et à partir d’une seule planche, Dick Tomasovic décortique – avec le brio de Marey et Muybridge pour le galop d’un cheval – la dynamique du toujours bondissant, plongeant, cascadant, échappant, bifurquant Spirou.Spirou le bien nommé – car en wallon, le mot signifie « écureuil », le saviez-vous ? – est en effet le personnage en 2D le plus animé qui soit. Sa caractéristique principale est cette insaisissable fluidité qui fait de lui «  un absolu du mouvement  » (D. Tomasovic). En témoigne sa première apparition sous la plume de Rob Vel, le 21 avril 1938, en couverture du premier numéro du Journal de Spirou . Au moyen d’une habile mise en abîme, le dessinateur y narrait en sept cases la genèse de sa créature de papier, qui s’échappe de la toile sur laquelle il vient d’être griffonné pour prendre immédiatement vie et vivacité.La mobilité de Spirou n’est pas que visuelle car, au contraire de Tintin qui eut pour créateur unique Hergé (compte non tenu des ses innombrables parodies), le fringant rouquin connut de multiples avatars sous la plume d’héritiers successifs, parmi lesquels on compte notamment Jijé, Franquin, Greg, Jidéhem, Roba, Fournier, Nic et Cauvin. À chaque génération son Spirou donc (et bien entendu son Fantasio, son Champignac, son Zorglub, son marsupilami). Sans doute un attachement particulier peut-il se marquer pour « l’héritage franquinien », dans lequel nombre de puristes verront l’aboutissement de la série (lire à ce propos l’excellente étude qu’Erwin Dejasse livre au sujet de l’album le plus déjanté, Panade à Champignac ). Le but de l’ouvrage n’est pourtant pas de juger des qualités des différents repreneurs, mais bien de saisir l’évolution d’une figure qui, quel que soit le trait qu’on lui a donné, séduit à chaque coup son lectorat et l’emporte dans ses folles aventures. L’article de Gert Meesters sur les évolutions stylistiques de la série, depuis sa création jusqu’au travail contemporain de Munuera et Morvan, est à cet égard des plus instructifs.Composé d’articles généraux puis de focus – sur la préhistoire de Spirou, l’art de Jijé, le Franquin dialoguiste, une comparaison avec Lagaffe, le portrait fouillé de Zorglub, les pastiches –, ce livre constitue une référence incontournable, qui fera pousser aux fans comme aux…

Les aventures de Tintin : Objectif lune (tome 16)

À l’occasion du cinquantième anniversaire des premiers pas de l’homme sur la Lune, Casterman réédite en un double album…

Jijé, l’autre père de la BD franco-belge

Deux chercheurs, l’un, Philippe Delisle, français, qui enseigne l’histoire contemporaine à l’Université de Lyon…

L’anarchie, théories et pratiques libertaires

Une belle surprise du côté de la collection « La petite bédéthèque des savoirs » (aux éditions…