Madeleine et Jeanne, deux sœurs sans le sou, vivent dans l’ancien cinéma familial qui n’est plus qu’une ruine. La belle époque de l’Eldorado est bien lointaine. L’avenir n’offre plus que des plafonds croulants, des bouillons et du pain rassis. Alors parfois une main innocente traine dans le rayon traiteur du supermarché le plus proche et emporte avec elle lotte à l’armoricaine ou lapin aux pruneaux. Les deux sœurs, qui sont comme un vieux couple, aiment jouir de petits plaisirs. Un soir, Louise, leur sœur cadette, refait surface après dix ans d’absence. Elle n’a plus un rond et veut réintégrer le domicile familial. Madeleine et Jeanne acceptent. Les voilà prêtes à se serrer la ceinture à trois. La vie est moins sombre quand on est plusieurs. Elles désirent toutefois manger à leur faim et se mettent à voler de plus en plus. Des petits plats cuisinés dans le hyper, on passe aux vêtements et aux vases dans les cimetières. Tout est bon pour se faire un peu de blé. Surtout qu’un expert leur somme de quitter leur domicile devenu insalubre. L’expropriation n’est plus très loin, mais les trois sœurs n’ont pas dit leur dernier mot. Telles des Robins des bois, elles extorquent les riches. Tout est permis pour survivre. Louise rencontre d’ailleurs un veuf riche au cimetière. La voilà leur solution. À moins qu’elles ne soient tombées sur plus rusé qu’elles encore…Virginie Thirion plonge le lecteur dans une ambiance chère à toute fratrie : les chamailleries, les dialogues de sourds, les conversations sans fin, une complicité infaillible, les blagues, les mêmes souvenirs que l’on ressasse… Ces trois sœurs n’ont pas leur langue dans leur poche. De vraies pipelettes ! Les répliques fusent. Les adresses au public sont nombreuses. Chacune revêt le rôle de narratrice et a droit à son petit aparté pendant lequel nous en apprenons plus sur leur passé. Jeanne a été mariée et a eu trois enfants qu’elle a élevés sans amour ni foi. Louise a suivi un rockeur au bout du monde. Seule Madeleine préfère ne pas se dévoiler… elle ne veut pas donner ce petit plaisir au lecteur. Comme toujours, Virginie Thirion joue avec les codes théâtraux qu’elle s’amuse à décaler.L’auteure utilise l’humour, flirtant parfois avec le burlesque, pour décrire la précarité et une résistance à toute épreuve. Derrière cette comédie, se dessine assurément une certaine critique sociale. Ce conte d’aujourd’hui n’est pas sans rappeler le théâtre de Jean-Marie Piemme – à qui est d’ailleurs dédié le texte -, notamment sa pièce Les pâtissières où l’on retrouvait également trois sœurs, une verve piquante et un jouissif cynisme à toute épreuve. La pièce a été créée au Théâtre Blocry à Louvain-la-Neuve en novembre dernier, dans une mise en scène de l’auteure elle-même.
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