Iften est retrouvé mort dans un terrain vague. Ce jeune médecin algérien résidait clandestinement en Belgique. Sa terre natale semblait l’avoir oublié, comme nombre des siens. Le travail manquait. Seule la belle Europe le faisait encore rêver. Un ami l’y attendait, Abdel, et la sœur de celui-ci, Leila. On lui promettait un travail, l’amour et un avenir plus clément. Alors, après avoir traversé la Méditerranée sur un rafiot de misère, après avoir attendu un temps infini en centre fermé à Lampedusa, après avoir avalé les kilomètres en Italie et en France, Iften a touché le sol du Royaume de Belgique. Mais le rêve a semblé vite avorté. Grâce à Abdel, il avait trouvé un boulot de maçon. Saïd, son patron, qui se disait l’un de siens, n’a eu aucun scrupule à l’exploiter sur ses chantiers, comme tant d’autres. À la clé, un salaire dérisoire, une protection sociale inexistante, des conditions de travail inhumaines, une promesse de papiers jamais tenue et toujours la peur au ventre de se faire arrêter et renvoyer au pays. Pourquoi Iften a-t-il trouvé la mort ? Est-ce dû à un accident de travail ? Peut-être était-il devenu gênant, son esprit contestataire peu à peu se réveillant ? Digne héritier de Jean Louvet, à qui la pièce est d’ailleurs dédiée, Franck Livin s’inscrit pleinement dans la tradition du théâtre-action louviérois. En onze tableaux, l’auteur retrace le destin de ce jeune exilé et nous livre ses pensées, ainsi que celles de ceux qui l’entourent. Le présent et le passé se mêlent, narration et réel temporel s’imbriquent l’un dans l’autre. Une certaine poésie traverse également l’œuvre, notamment grâce au Chœur, figure allégorique qui incarne différentes voix.Cette fable contemporaine nous plonge au cœur de l’esclavagisme moderne. Un fléau à l’œuvre partout en Europe, des champs d’oranges d’Espagne aux chantiers immobiliers d’Europe du nord, en passant par les cultures de tomates italiennes. Ces flots d’hommes et femmes livrés à eux-mêmes, perdus, affamés, en quête d’un peu d’argent, sont les proies toutes désignées de personnes véreuses qui les considèrent comme des outils bon marché. Ah !, l’Europe… cet Eldorado au goût bien amer.Émilie Gäbele
Durant toute sa vie, Monsieur Legris en a vu de toutes les couleurs. À présent il a décidé que c'était fini. Chez lui, tout est devenu gris : ses vêtements, sa canne, ses lunettes et même ses pensées. Et dans sa bibliothèque...
Le Fils, 35 ans, est sur le départ et l’annonce de but en blanc à ses parents pendant le repas du soir. Il est 19h précises et ils regardent bien tranquillement la télévision. Dans le costume de son père, la valise à la main...
Personne ne fait attention à Jean Jean. Dans sa vie comme à l'école, il ne se passe franchement pas grand-chose. Tandis que Claire et Arthur, eux, vivent une vie formidable. Du moins à ses yeux. Il a beau faire tout et n...
Marion, dix-sept ans, s'effondre lors d'une manifestation à Paris ; on ne parviendra pas à la réanimer. Le lieutenant Meurey doit annoncer la triste nouvelle à la mère complètement désemparée. Pour Reda (amoureux de Marion)...
Préface de Georges Sion À propos du livreIl était temps de raviver la présence d'un écrivain qui a incarné la vitalité de nos lettres, et particulièrement de notre théâtre. En effet, Henry Soumagne (1891-1951) a été une des...
Avant-propos de Georges SionIntroduction de Robert Van Nuffel À propos du livre (extrait de la Préface) Né en 1861 à Gand, condisciple de Maeterlinck et de Grégoire Le Roy au Collège Sainte-Barbe, Van Lerberghe publie très...