Suite irlandaise en quatorze stations
- Genre littéraire : Poésie , Littérature générale
- Éditeur : Angle mort
- Date : 2019
- ISBN : 9782960217438
- Autres informations :
24 p., 5 €
24 p., 5 €
Le livre est si léger ! Six pages agrafées de cuivre. La couverture bleu nuit est si sobre ! Serge Delaive, Suite irlandaise en quatorze stations, gravés à la rouille en creux, mis en page comme une croix celtique tête en bas. Le coin supérieur droit des pages est coupé rond et pas celui inférieur. En quatrième de couverture, seul le nom de la maison d’édition, Angle mort, c’est tout. Je n’ai pas encore ouvert et je suis déjà ému. C’est tellement épuré que cela atteint son but.Station I : fin septembre Irlande. Station II : À Lisdoonvarna comté de Clare où la pluie bat les vitres / en géographies mobiles, et où j’apprends un mot dans ton regard coalescent. Station III : Le soleil ne jouira pas aujourd’hui / aucune importance pour moi. L’usure lente des eaux de pluie ont formé des lapiaz. Ainsi parcouru des réseaux nerveux des fissures, je pourrais mourir ou te baiser ici / mais rien ne se passera ni mort ni sexe / un amour entre-deux un amour d’intervalle. Entre la grande et la petite mort.Pour preuve, station IV : arpentage aux limites de nos corps, et V : je connais toutes les significations de ton haleine. Grands et petits souffles de vie. Station VI : réduits ici aux sculptures des vents… dans ta bouche dans tes bras. Station VII : débarrassés de l’illusion d’un monde où-et-donc-or-car nous ne sommes rien nous sommes tout. En conclusion provisoire, station VIII : interdiction de se saouler sur la voie publique / interdiction d’uriner dans le canal.Station IX : une lune que seuls toi et moi remarquons… et le spire qui tente de l’enfiler dans son chas… Et m’enfoncer dans les octobres noirs. Station X : jamais revenu. XI : seule réponse possible dans l’abondance des preuves. XII : La corneille me parle / « Cette femme t’a guéri / au prix de ta fin ». XIII : et dans chaque paysage, XIV : tant de petites et grandes morts / gémies entre les suaires.Telle est la petite histoire lue en creux encore de la plus vaste de l’ouvrage ; océanique. Elle est sortie des vers comme une poupée russe sur la 477 pierraille roche océan / ou ce chemin près de Knockalassa. Peut-être y existe-t-il 150 autres poèmes enfouis ? Comme le nombre numéroté d’exemplaires estampillés authentiques de cette première édition ?Finalement, la première impression fut la bonne. C’est tellement épuré que cela atteint son but : la pureté.Tito Dupret
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