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Résumé

Pour sa vingt-huitième rentrée littéraire, Amélie Nothomb revient avec un roman au titre minimaliste : Soif. Elle y raconte les derniers jours de Jésus, à la première personne. Dans ses écrits autobiographiques, Nothomb révèle la place singulière que Jésus occupe dans sa vie, depuis la toute petite enfance. Figure d’identification, avec qui elle se sent « une connivence profonde […], car [elle] étai[t] sûre de comprendre la révolte qui l’animait » (Métaphysique des tubes, 2000), Jésus est aussi un modèle :

Récapitulons : petite je voulais devenir Dieu. Très vite, je compris que c’était trop demander et je mis un peu d’eau bénite dans mon vin de messe : je serais Jésus. (Stupeur et tremblements, 1999)

Il y avait donc quelque chose de logique, sinon d’inévitable, à ce que la romancière lui consacre un livre. Et appelle ledit livre Soif, elle qui s’est racontée elle-même dans une Biographie de la faim. Le roman se concentre sur les derniers jours de Jésus et fait de lui le narrateur de sa propre histoire.Histoire archiconnue. Et Nothomb n’est pas le Tarantino de Once upon a time in Hollywood : elle ne distord pas les faits. Sans craindre de spoiler, on peut donc dire que Soif s’achemine vers une mort par crucifixion et une résurrection de son héros…« L’avantage de cette certitude, c’est que je peux accorder mon attention à ce qui le mérite : les détails », dit Jésus au début du roman. Et c’est en effet tout d’abord par le biais du ténu, de l’anecdotique, que Soif échappe à la simple redite et se mue en un vrai et beau roman. La boue sur les pieds de Jésus quand il doit trainer sa croix, l’opinion des mariés de Cana sur le vin miraculeux servi à la fin de leur repas de noces, la relation amoureuse entre Jésus et Marie-Madeleine, les raisons qui ont poussé un dénommé Simon de Cyrène, qui passait là par hasard, à aider un parfait inconnu à porter sa pesante croix : détails que tout cela, sans doute, mais qui soudain donnent sens et épaisseur à l’Histoire. Avec le surcroit d’âme que confère l’écriture à la première personne, en « caméra subjective », Soif raconte les marges, ce qui échappe par essence aux évangiles canoniques. Quitte à offrir au héros-narrateur un sursis de quelques heures entre sa condamnation et son exécution, bulle temporelle nécessaire à son récit : « La nuit d’où j’écris n’existe pas. Les Évangiles sont formels ».

À propos de l'autrice

Amélie Nothomb

Comme on dit communément : faut-il encore présenter Amélie Nothomb ? Romancière plébiscitée par un vaste public qui va du plus jeune âge à ces âges dont Hellens estimaient qu’ils n’étaient grands que de réputation, elle est l’une des plumes de langue française les plus traduites dans le monde. Voilà un quart de siècle...

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Le Carnet et les Instants à propos de "Soif"
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