Au début des années 1960, Andreï Voronov quitte sa Pologne natale avec son père et atterrit dans un petit quartier de province appelé le Vhan, refuge pour les « miséreux » provenant de différents pays. Traité de « pouilleux » et de « pestiféré » par les enfants de son âge, Andreï ne s’épanouit pas à l’école. Son père décide alors de le former aux différents métiers de la construction. Il entre sur son premier chantier à qinze ans et bénéficie rapidement d’une excellente réputation. C’est qu’il travaille bien et se contente d’un maigre salaire.Lorsqu’un orage détruit l’église du village, une assemblée est organisée avec le bourgmestre, le curé et les habitants pour financer les travaux de réparation. Le hic, c’est que les caisses de la commune sont vides et que les bourgeois ne veulent rien payer. Le bourgmestre et le curé se tournent dès lors vers Andreï pour l’acculer au chantage : soit il reconstruit gratuitement l’église, soit il est expulsé du Vhan avec tous ses habitants. Pour se défendre, Andreï demande en contrepartie un papier officiel lui léguant les parcelles du Vhan. Le bourgmestre accepte, mais il lui donne un faux papier, ce qu’Andreï découvrira rapidement.Résigné et sans espoir d’une issue favorable, Andreï se rend sur le chantier tous les matins pour reconstruire l’église avec pour tout matériel quelques pelles et truelles, plus ses mains. Bref, mission impossible. Mais tout cela est sans compter sur la solidarité du « peuple misère ». Rapidement, les habitants du Vhan apprennent le chantage dont est victime Andreï. Ce dernier voit alors débarquer Fabrizio, Juineski, Louis, Jamal, Zuang, Daniel, Monsieur Rémy… qui viennent travailler avec lui et lui apporter leur aide en fonction du matériel et des compétences qu’ils possèdent. L’entreprise n’est pourtant pas aisée : il faut supporter les caprices du temps et les régulières tentatives de sabotage du bourgmestre (pannes d’électricité, passage à tabac, cambriolage…).Pour son premier roman, Aly Deminne nous donne à lire un conte où les étrangers, traités comme des animaux, se battent avec dignité et se soutiennent les uns les autres malgré le racisme et l’hypocrisie humaines. Même s’il y a une part de vérité, on regrettera toutefois un manque de nuances dans l’univers manichéen présenté : les pauvres étrangers sont victimes des méchants bourgeois (« Frapper un riche, c’est un crime. Frapper un pauvre, c’est l’éduquer »).Séverine Radoux
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