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Résumé

À propos du livre

Nonum prematur in annum… L'exigeant précepte d'Horace a trouvé, cette fois, sa rigueur dépassée, puisque c'est de 1948 qu'est daté le premier tome du présent ouvrage. Bien malgré nous, il est vrai : des occupations professorales absorbantes, la maladie ensuite, puis de cruelles épreuves familiales ont, trop longtemps sans doute, retardé la rédaction, la mise au point et l'achèvement de ce tome II et dernier.

On s'en excuse.

Après un tel délai, peut-être n'est-il pas inutile de rappeler à cette place le dessein qui n'a pas cessé d'être le nôtre. C'est de poursuivre, dans le milieu belge, entre 1815 et 1850, une enquête attentive sur l'évolution des idées, des tendances et des réputations littéraires. La suivant à la trace, nous avons cherché à en préciser la marche dans les esprits et dans les écrits de ce temps. Revues et journaux, préfaces et critiques nous ont fourni l'essentiel de notre documentation. Nous avons tenu le plus grand compte des influences étrangères, et singulièrement de celle du romantisme français, dont la contrefaçon multiplie alors les oeuvres parmi nous. Et nous n'avons pas négligé de mesurer, quand il y avait lieu, les répercussions des événements politiques ou sociaux sur le devenir, en nos provinces, de la «chose littéraire».

Notre propos a donc été, dans l'essentiel, l'étude d'un mouvement d'idées. On aurait tort de chercher ici un relevé complet des auteurs belges de l'époque romantique et un catalogue de leurs ouvrages. Nous avons, pour notre modeste part, essayé de tracer un tableau abrégé de cette époque de notre passé littéraire dans quelques chapitres de la grande Histoire illustrée des lettres françaises de Belgique, dont nous avons naguère dirigé la publication avec notre savant confrère et collègue, M. Joseph Hanse. On nous permettra d'y renvoyer.

Ici, la production nationale nous intéresse avant tout dans la mesure où elle rend témoignage de la marche des idées littéraires ou en illustre le cheminement. Volontairement réduites au minimum, nos indications bibliographiques sont, strictement, celles des textes qui ont fourni nos citations ou autorisé nos conclusions. En d'autres termes, notre dessein a été ici, avant tout d'apporter une contribution valable à l'histoire des idées, er souhaitant qu'elle puisse servir à illustrer un jour ce que notre regretté maître Fernand Baldensperger appelait «une sorte de philosophie de la vie et du mouvement en littérature».

Nous ne nous flattons pas d'y avoir réussi. Du moins espérons nous qu'on pourra trouver aux pages du présent tome, comme à celles du précédent, des citations nouvelles ou peu connue: et des témoignages inédits, utilisables pour l'histoire littéraire de demain.

À propos de l'auteur·rice

Gustave Charlier

Gustave Charlier appartient à cette élite de grands savants qui conçoivent la recherche et l'enseignement comme un apostolat. Né 1e 20 juillet 1885 à Huy, où son père est instituteur, il parcourt brillamment le cycle des humanités à l'athénée de sa ville natale. Inscrit à l'Université de Liège, il choisit la section de...

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Table des matières

AVANT-PROPOS

1. — LENDEMAINS DE RÉVOLUTION

Déclin de l'activité littéraire dans l'intensité de la vie politique.

i. — Le Saint-Simonisme. — Sa propagande en Belgique. — Accueil contrasté et rapide décadence. — Les Chants de Réveil de Ch. Donald. — Ses imitateurs.

II. — La poésie politique. — L'influence de Béranger, de Casimir Delavigne, d'Auguste Barbier, de Barthélemy et Méry. — Leurs disciples belges. — La vogue de la cantate.

III. — Le retour à la littérature. — Quelques mises au point. — Le type du «Jeune Belgique». -- Caractères du « bousingot » belge. -- Les suicides romantiques. — Le cas van Beveren et les commentaires qu'il suscite.

IV. — Faible action des lettres étrangères. — La gloire de Byron et de Walter Scott. — Mistress Trollope et lady Morgan. — Un nouvel astre au ciel anglais : Bulwer-Lytton. — La mort de Goethe. — Intérêt pour la poésie épique allemande. — Bürger et Uhland. — Boerne et Jean-Paul. — Révélation de Henri Heine. — Mickiewicz et la poésie polonaise. — Gloire de Silvio Pellico.

II. — LE FLOT ROMANTIQUE (1830-1835)

Le Retour aux lettres.

i. — Éclipse passagère de Chateaubriand. — Permanence de la gloire lamartinienne. — Des vers de Charles Froment. — Parallèle avec Casimir Delavigne. — Une épître de Mme Van Langendonck. — Un voyage en Belgique manqué.

II. — Victor Hugo. — Un hommage liégeois. — Une épître belge dans l'Avenir. — L'accueil fait aux Feuilles d'Automne : enthousiasme d'une part, réserves et éloges mesurés d'autre part. — Réaction contre l'horrible. — Le fort et le faible de Notre-Dame de Paris. — Intérêt pour Littérature et philosophie mêlées.

III. — Fâcheux débuts d'Alfred de Musset. — Éloges du Spectacle dans un fauteuil. — Enthousiasme d'André Van Hasselt et ironie de J.-B. Vautier. Musset, héraut du romantisme. — Réticences devant le Stello de Vigny. -- L'apologie du poète et du romancier par Auguste Baron. — Éloges concordants de l'Emancipation et de l'Indépendant. Les amitiés belges de Sainte-Beuve. — Accueil mélangé réservé au poète. — Divergences autour de Volupté.


IV. — La révélation de George Sand. — Résistances à Lélia. — Byronisme ou satanisme ? — Un greffier paladin. — Son apologie de George Sand. — Autour du Secrétaire intime et de Jacques. — Éloges unanimes du style et condamnation des tendances de l'oeuvre.


V. — L'astre de Balzac à l'horizon belge. — Les Romans et contes philosophiques l'imposent à l'attention. — Semi-échec des Contes drolatiques. — Le «peintre de la femme». — Le Médecin de campagne. — Succès d'Eugénie Grandet. — La réédition des Chouans.

VI. — Vogue de Lamennais. — Succès foudroyant des Paroles d'un Croyant. — Polémiques autour de ses idées ; accord sur sa valeur littéraire. — Gloire sans lendemain. — Celle de Charles Nodier se maintient. — Son voyage en Belgique de 1835. — Déclin de Mme Desbordes-Valmore. — Ses oeuvres en prose le précipitent.

VII; — Réputation de Mérimée. — Attention peu avertie pour Stendhal. — Le Rouge et le Noir mis à son rang. — Révélation d'Eugène Sue. — Curiosité pour le roman maritime. — Con-damnation du genre. — Le Bibliophile Jacob et Michel Raymond. — Vogue fugitive de Gustave Drouineau. — Jules Janin et Saintine. — Brillants débuts de Frédéric Soulié. — Quelques minores.

III. — L'APOGÉE DU DRAME (1830-1835)

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