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Résumé

Par ce quatrième volume s'achève un travail qui nous a pris sept années de lectures, de relectures, de recherches et de réflexions. Les deux premiers tomes de cette entreprise ne furent pas difficiles à réaliser : nous étions sur un terrain défriché, que d'autres avaient largement couvert et commenté. Il nous a suffi de donner à cette matière poétique un regard en accord avec notre époque. Sans cesse, en poésie, certaines gloires du passé peuvent pâlir, et certaines prendre un relief qu'elles n'avaient pas à l'époque où les autres affrontaient le public. L'incompréhension ou la surenchère n'ont jamais épargné les poètes.

Le troisième volume, où se regroupent un grand nombre de poètes qui sont ou nos amis ou nos contemporains, est proche de nous. Deux facteurs sont évidents dans notre approche : le recul nous manque et nous aimons le goût du risque. Il est possible que des poètes qui figurent au troisième volume, écrivent encore, demain ou après-demain, des œuvres plus marquantes que celles qui figurent ici. Rimbaud est mort à la poésie dans sa vingtaine, tandis que Mallarmé, Valéry et Saint-John Perse n'ont atteint leur maturité que vers la cinquantaine. Les poètes du troisième volume mériteront peut-être, dans cinq ou dix ans, une hiérarchie différente, et une optique que nous ne pouvons prévoir.

Le tome quatre, nous le voulons ainsi, est par nature expérimental. On y trouvera des poètes qui ont trente ans, avec ceux qui vont en avoir cinquante-cinq ou soixante. Nous acceptons que notre choix soit provisoire, et en assumons avec allégresse la responsabilité. Il y a dix chances sur dix que n'y figure pas le futur grand poète inconnu, qui écrit déjà mais n'a encore rien publié. D'autres, après avoir quelques promesses, se seront rangés parmi les poètes sans grande signification. D'autres encore prendront soudain leur envol et leur envergure – fera des mécontents, des jaloux, des malheureux mais, nous espérons que quelques esprits y verront un indiscutable encouragement. Nous ne faisons partie d'aucune chapelle et n'en détestons pas une seule. Nos livres et nos anthologies antérieures – car nous sommes des récidivistes – nous font obligation de juger avec un maximum de mesure, de connaissance, de générosité sévère et à bon escient. L'amour absolu de la poésie est notre seul ressort. Être utile est une tâche simpliste, peut-être, mais indispensable.

Nous ne serons satisfaits que si d'autres critiques, d'autres juges, d'autres amateurs, composent, sur la poésie belge, des anthologies d'un type peut-être différent. La multiplication des anthologies répond à un besoin sain et tout de vitalité. Plus on parlera de poésie, même en se trompant, plus elle remuera un public trop habitué à son absence ou à son occultation.

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