Bruxelles est une ville en plastique, comme le reste de la planète : on y voit courir des petits bonshommes dérisoires, emportés dans le courant de leur vie comme des bouteilles vides à la surface du canal. On rit, on se bat, on se débat, puis on se laisse aller et on se retrouve noyé dans la vase, sans avoir rien remarqué. à moins qu’un soubresaut ne change le cours des choses. Il suffit de presque rien : une tache de sauce, un appareil photo, une agrafeuse, un abri de jardin ou un paquet de cigarettes pour qu’une vie banale bascule dans la grande aventure, pour que l’absurde redonne des couleurs à une existence terne.
Auteur de Nous sommes tous des playmobiles
Né le 23 mai 1971 à Liège
Licence en Philologie romane, Université de Liège
Scénariste
Un auteur ne grandit jamais. On a beau lui demander de jouer les adultes, il préfère se retirer dans son coin, avec ses mots et ses cahiers, pour réinventer le monde. Depuis six ans, je ne fais plus que ça et c’est contagieux : j’aime partager cette passion avec les lecteurs, des plus jeunes aux plus vieux.
La collection « Espace Nord » accueille dans son conservatoire la réédition du recueil de nouvelles Nous sommes tous des playmobiles, de Nicolas Ancion, auteur prolifique et visité par un imaginaire d’une large et signifiante originalité. Recourir aux playmobiles, ces figurines destinées à vivre tous les caprices de la créativité enfantine, donne le ton de ce texte régi par l’ironie du sort et la manière pour les personnages qui en sont les jouets de réagir à ses manifestations anodines en apparence, mais souvent génératrices d’effet papillon. Ainsi une tache de sauce sur une chemise peut conduire au bouleversement de toute une vie familiale comme un simple quiproquo peut mener au crime. Les « victimes » de ces aléas du destin n’en sont pas pour autant…
Monsieur Satie : L'homme qui avait un petit piano dans la tête
Pour découvrir l'oeuvre d'Erik Satie à travers une histoire et des extraits des plus célèbres pièces du compositeur. Mélancolique et triste à souhait, cet album-CD n’en est pas moins magnifique. Parler d’Erik Satie - le solitaire, le marginal, l’excentrique souvent incompris -impliquait un ton décalé, gentiment moqueur et grinçant, que rend très bien la voix du récitant François Morel (qui doit sa célébrité, rappelons-le, à l’émission télévisée des Deschiens sur Canal +). Ce n’est pas une araignée au plafond mais juste un petit piano que Monsieur Satie a dans la tête. Les notes de musique y trottent, y vagabondent sans relâche. Il est audacieux, anticonformiste, se moque du wagnérisme et des vaniteux. De son cœur s’échappent des mélodies simples pour rêveurs et poètes, un public qui lui ressemble. « Monsieur Satie parle parfois à la lune. » Et parfois aussi, « Monsieur Satie met son smoking pour écrire une partition. » Il compose, explore, mélange les genres au risque d’être méprisé. Certains l’admirent cependant, comme Cocteau ou Picasso. L’illustratrice Elodie Nouhen évoque bien l’esprit des surréalistes et la solitude du petit monsieur perdu dans le tourbillon des notes. Touches de piano, métronome, partitions…sont surdimensionnés par rapport au musicien qui ne semble pas plus haut que trois chapeaux. Ce que Raymond Lulle appelait « la tristesse par surabondance de pensée » s’applique…
La gondole de l'Orient Express
Dans certaines vies, il suffit d'un moment, d'une rencontre, pour que tout…