Maria et les oiseaux (Histoires de Belgique) est le fruit du travail d’écriture mené par Antoine Laubin et Thomas Depryck (Cie De Facto).
Dans cet ouvrage, ils revisitent les moments qui jalonnent l’histoire de la Belgique de 1945 à nos jours.
Auteur de Maria et les oiseaux : (Histoires de Belgique)
Auteur de Maria et les oiseaux : (Histoires de Belgique)
Metteur en scène, Antoine Laubin anime la compagnie De Facto. Il s’est fait connaître par son spectacle Les Langues Paternelles (« Meilleure découverte » aux Prix de la Critique 2009 et succès public et critique du Festival Off d'Avignon en 2010). Suivront Dehors (sélection aux festivals Impatience, Premières, Fast Forward, ...), L.E.A.R., Le Réserviste, Démons me turlupinant, Szénarios (création trilingue co-produite avec le Staatstheater de Braunschweig), Heimaten et Il ne dansera qu'avec elle.
Combinant écriture de plateau et travail du texte (théâtral ou non, littéraire ou non), Antoine Laubin développe un théâtre-récit à la fois ludique et noir.
Par ailleurs, il co-dirige la revue Alternatives théâtrales, dont il anime aussi le blog et intervient comme conférencier en dramaturgie et en art dramatique à Arts² (École supérieure des arts à Mons).
Maria et les oiseaux nous donne à lire un vaste jeu historique de l’Histoire de Belgique de 1945 à aujourd’hui au départ de Haumières, petit village fictif du Hainaut occidental, situé quelque part entre la France, la Flandre et l’Escaut. Les auteurs de cette saga, Thomas Depryck et Antoine Laubin, y donnent naissance à une femme, Maria, en 1927.On la voit vivre, aimer, traverser mille et une expériences avec d’autres et multiples personnages de notre Histoire : les mineurs du Bois du Cazier, les victimes du drame du stade du Heysel, les attentats terroristes, la mort de Semira Adamu… et tant d’autres événements tragiques et fondateurs d’une Belgique qui aura, depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale, profondément…
Cet opus reprend deux pièces de théâtre pour le jeune public. La première, À petits pas , nous plonge…
La Nature contre-nature (tout contre)
Il s’en passe des choses dans la nature. Des choses que l’on n’imagine pas, que l’on ne veut pas voir, ou que l’on nous cache parce qu’elles rendraient chèvre l’ordre établi. Celui, par exemple, de la différence entre les hommes et les femmes, cette fameuse différenciation sexuelle qui serait le dernier rempart contre la confusion identitaire, l’ultime argument pour défendre la famille traditionnelle. Que n’a-t-il pas fallu entendre, en France, au moment des débats pour le mariage pour tous – et toutes ! Quelles couleuvres n’a-t-il pas fallu avaler ! Même si, au fond, on peut être d’accord avec Juliette Gréco quand elle chante « La nature complique jamais inutilement / Y’a que les hommes pour s’épouser ». Mais la nature est plus égalitaire que la société humaine ; dans le règne animal c’est : le non -mariage pour toutes et tous. Frondeuse et généreuse, la nature avait déjà donné des arguments à Gide dans le deuxième dialogue de son Corydon pour démonter, entre autre, l’essentialité de l’instinct sexuel. Aujourd’hui, elle sert le propos du drolatique et non moins scientifique texte de Leonor Palmeira (chercheuse en biologie) et Camille Pier (auteur-compositeur-interprète et artiste de cabaret). Où l’on apprend que les organes sexuels des hyènes et de la plupart des oiseaux ne permettent pas nécessairement de « faire la différence entre mâle et femelle. », pas plus que les chromosomes chez les mêmes bestioles à plumes ou les gamètes de certaines mouchettes… Sous forme de conférence, le monologue est rythmé comme un poème sans rimes, nous amuse (en nous instruisant) de ses jeux de mots animaliers, de ses impertinences et adresses au public. Ainsi à propos de la gestation : Alors, vous allez me dire : Oui mais, euh, Josie… Quand même, C’est la femelle Qui porte les petits dans son bide Le temps de la gestation. C’est en elle que s’opère Le mélange des deux patrimoines génétiques. C’est elle qui pond, Qui accouche, Qui propulse la vie ! Oui, ça fonctionne Avec les espèces dont j’ai parlé… Mais ça fonctionne pas chez tout le monde. Chez les hippocampes C’est le mâle qui joue les dindons farcis ! Et chez les crapauds accoucheurs, Le mâle porte aussi bien son nom Qu’il porte les petits. Ou au sujet de l’homosexualité : Et le zoo de Paris, dernièrement, a déclaré abriter Un couple de manchots lesbiennes. Ah ça me fait bizarre. Des lesbiennes manchotes. C’est presque un oxymore. Pas de bras, pas de… partie de jambe en l’air ! Par contre, des « pin-gouines lesbiennes » Ce serait un pléonasme ! Allez, j’arrête. Destiné à la scène, le monologue éclaire les questions ayant trait au genre, les thématiques lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres ou intersexuelles (LGBTI). Mais il va bien au-delà en permettant à chacun, chacune et les autres de soulever les lièvres du discours sur la nature et la contre-nature, d’apprendre à le dé-naturaliser.…