Le tournage de Blue Birth, par Benjamin Deboosere


Le Brussels Art Film Festival / BAFF (novembre 2016) a proposé ce documentaire captivant sur le tournage de Blue Bird de Gust Van den Berghe (2011).  En marge dans le paysage cinématographique belge, le cinéaste flamand de 31 ans a déjà réalisé trois longs-métrages, oeuvres uniques et toujours stupéfiantes. Le genre making-of, s'il n'est pas un simple produit marketing destiné au bonus d'un dvd, peut devenir un témoignage passionnant, dans la lignée des grands documents sur des films mythiques (Au Cœur des ténèbres de Eléonore Coppola sur Apocalypse Now) ou inachevés (Lost in la Mancha sur le désastre du tournage de L'Homme qui tua Don Quixote de Terry Gilliam). Film intimiste à petit budget sur la quête de deux enfants, Blue Bird n'en a pas moins traversé des difficultés majeures avant d'être concrétisé.                                          …
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Enseigner et apprendre le français au bout du monde: le Chili. (dans Sillons francophones)

Le Chili, une terre de migrants hispanophones mais aussi germanophones, italophones, francophones et croates. Un pays de presque 17 millions d’habitants concentrés majoritairement dans les trois plus grandes villes du pays, coincées entre la cordillère andine et l’Océan Pacifique: Santiago, Valparaíso et Concepción. Un pays avec un système éducatif à la base très centralisé mais, depuis les années 1970 (époque de la dictature de Pinochet), de plus en plus tombé aux mains du secteur privé. Un système éducatif devenu inégalitaire qui ne valorise que peu ou prou l’apprentissage des langues étrangères. Qu’en est-il alors de la langue française dans ce pays désormais démocratique, économiquement stable mais marqué par des inégalités sociales croissantes, et qui oblige les nouvelles générations à se tourner vers l’anglais, seule langue enseignée à l’école primaire et secondaire? Au premier abord, on serait tenté de croire que seule la génération de plus de 60 ans, et celle des anciens exilés de la dictature en France ou en Belgique, maîtrisent le français tout en gardant un penchant pour la culture francophone. Or, mon expérience de lectrice universitaire, envoyée à Concepción par Wallonie-Bruxelles International pour travailler comme professeur de français au sein de la faculté d’Humanités et d’Arts de l’UdeC , me permet d’affirmer que le français se porte mieux que ce qu’on ne pense. Sans prétendre que la réalité de cette ville, de seulement 214 000 habitants, est représentative de l’ensemble du pays, elle témoigne toutefois d’une vérité qu’il serait injuste de négliger et qui est porteuse d’espoir pour le futur de la langue française au Chili.                                                                       * Pour mieux apprécier mon témoignage, permettez-moi d’abord de contextualiser ma situation et mon parcours. Italienne d’origine, interprète de par ma formation universitaire (aboutissement inéluctable d’une prédisposition depuis toute petite pour les langues), on pourrait penser que j’étais prédestinée à l’enseignement du français. Et pourtant, si seulement il y a quatre ans on m’avait dit que je me serais retrouvée à enseigner cette langue dans une faculté de traduction et d’interprétation au bout du monde, j’aurais été la première à croire qu’on se moquait de moi. Or, la vie s’amuse toujours à rebattre les cartes et ce que l’on pense impossible peut bel et bien devenir possible: dans mon cas, cela s’est traduit par l’obtention d’un diplôme DAEFLE à l’Alliance française à Bruxelles et la chance d’être recrutée par WBI pour représenter la Wallonie et la culture belge francophone à l’étranger, plus particulièrement au Chili. Cela fait désormais un an et demi que j’ai intégré le département de français de l’UdeC et que je dispense des cours de langue, d’histoire et de civilisation, et de littérature francophone. Mon public? Des étudiants chiliens passionnés par les langues et tentés par le métier de la traduction et de l’interprétation. Des étudiants qui arrivent en première année sans aucune notion de français et qui terminent leur parcours en atteignant un bon niveau C1. Des étudiants qui voient dans la possibilité d’apprendre des langues l’occasion non seulement de s’ouvrir au monde, mais surtout de le « penser » autrement et de façonner la réalité autour d’eux à l’aide de nouveaux outils. Nous le savons : l’enseignement d’une langue va de pair avec la transmission d’une nouvelle culture. Puisque la finalité d’apprendre une nouvelle langue est celle de pouvoir communiquer de manière active avec un natif d’une autre nationalité en allant, si nécessaire, au-delà de ses propres préjugés et de ses propres croyances, pour que cette communication soit féconde, il ne suffit pas de maîtriser le lexique, les structures morphosyntaxiques ou les expressions idiomatiques de la langue de l’autre. Il faut aussi avoir appris à interpréter les codes culturels attachés à cette imposante charpente linguistique, et c’est à l’enseignant que revient la responsabilité de donner aussi à ses cours une dimension culturelle. Cela est toujours possible, même quand on est confronté à des groupes d’apprenants dont on ignore le milieu social d’origine, le parcours scolaire suivi, les réelles attentes qui les animent et qu’on est dans l’obligation de devoir suivre un programme académique préétabli et bien dense. Cette situation, est exactement celle dans laquelle je me suis trouvée plongée en arrivant à l’UdeC. Quant à la motivation, les étudiants chiliens n’en sont pas dépourvus, par contre, si l’on prend en compte leur préparation et leur formation, la différence entre des jeunes du même âge, tous récemment sortis du secondaire, ne pourrait être plus criante. Ceux issus d’une école privée — mieux encore si c’est une école internationale —, ont la chance d’être équipés des outils nécessaires pour affronter des études universitaires. Ceux issus d’une école publique, par contre, ne savent même pas écrire correctement dans leur propre langue maternelle et ces étudiants vivent l’apprentissage d’une langue comme le français, avec une grammaire et une orthographe on ne peut plus exigeantes : un vrai défi. Quand le contexte est tel, donner une dimension interculturelle à son cours peut contribuer à effacer cette hétérogénéité et à surmonter plus facilement les différences de niveau. Pourquoi ? Parce qu’on peut comprendre des notions culturelles déjà avec un niveau de langue relativement faible. La culture est quelque chose qu’on peut saisir de manière instinctive grâce aux comparaisons établies avec nos expériences de vies personnelles, nos savoir-faire et nos acquis, et personne n’arrive à l’âge adulte privé de son bagage d’expériences. Pour un apprenant chilien, découvrir par exemple que la Belgique est un pays ayant une double identité linguistique (francophone et néerlandophone), avec une structure fédérale complexe qui est le fruit d’un long travail de compromis et de négociations, c’est incontestablement marquant et parlant. Le Chili est peut-être vu comme un pays uniforme, mais cela reviendrait à oublier les revendications identitaires et linguistiques des communautés aborigènes du sud du pays, les Mapuches. Quand, l’année passée, j’ai abordé, dans le cadre de mon cours d’histoire et civilisation, la question linguistique belge, tous les étudiants se sont sentis interpellés par la thématique et avaient quelque chose à dire sur le sujet. Ceux qui généralement ne prenaient jamais la parole, parce que gênés par leur niveau plus faible, ont réussi, ce jour-là, à laisser de côté leurs craintes et à participer à la discussion, parce qu’ils ont pu faire appel à leurs connaissances ou expériences personnelles.                                                                     * Au début de cette année académique 2017-2018, qui dans l’hémisphère austral commence fin février, j’ai eu l’opportunité de réaliser avec mes étudiants de troisième et quatrième années un projet culturel un peu plus ambitieux. Dans le cadre de la semaine de la Francophonie, nous avons mis sur pied une exposition photo intitulée "La francophonie en filigrane à Concepción" . La consigne donnée aux étudiants a été la suivante: retrouver dans la ville de Concepción, ou dans ses alentours proches, une trace de présence francophone en tenant compte de tous les domaines de la vie courante (publicité, nourriture, architecture, mode, fournisseur de services, musique…). Une fois qu’ils avaient « détecté » cette « trace », ils devaient la prendre en photo et réaliser une affiche dans laquelle on allait retrouver non seulement l’image en question, mais aussi un texte explicatif…

Ioan Kaes et PlayRight, société belge de gestion collective des droits des artistes-interprètes

Les comédiens belges ont aussi leurs droits En Belgique, quand un scénariste ou un réalisateur crée une œuvre (film, série, téléfilm...), il perçoit des droits d'auteurs. Les comédiens et les producteurs, eux, touchent ce qu'on appelle des droits voisins. Moins connus mais tout aussi essentiels, ceux-ci sont gérés dans notre pays par la société PlayRight, basée à Bruxelles. Cet organe, créé en 1974 par un groupe d'artistes soucieux de faire valoir leurs droits comme exécutants, compte aujourd'hui plus de 13 000 affiliés. Ioan Kaes, leur conseiller, évoque son fonctionnement. * Cinergie: Si votre société est largement quadragénaire, sa notoriété semble grandir. Pourquoi, aujourd'hui ? Ioan Kaes : Un changement de nom en 2010 peut-être, le résultat du travail de beaucoup de gens sûrement, mais surtout, la mise en place d'un système digital avec une plateforme automatisée, moderne et simple pour les artistes et comédiens qui bénéficient de ces droits voisins. En quelques années, nous avons fait évoluer notre façon de travailler, facilitée par les moyens de communication actuels, simplifiant tout. C. : PlayRight se doit d'être connu pour tous les artistes et les comédiens belges ? I.K. : Certainement, puisqu'on gère gratuitement des droits de rémunérations qu'un artiste ne peut gérer lui-même. Je sais que certains nous perçoivent de façon abstraite comme «société de gestion collective», mais on peut nous comparer à la SABAM, que tout le monde connaît ou à l'ADAMI, pour les comédiens français (NDLR: tout comédien peut s'inscrire dans plusieurs sociétés). En Belgique, la licence légale nous a été octroyée pour gérer les droits, actuellement, de 13.500 membres. En marge de cela, nous faisons partie d'un réseau international qui nous permet d'échanger avec des pays du monde entier, de la Corée du Sud aux Pays-Bas, en passant par le Royaume-Uni, la France, le Japon, le Canada ou l'Amérique du Sud. Soit un demi-million d'artistes ! C. : Si les droits d'auteurs sont connus, on connaît moins ces droits voisins. Cette distinction mérite peut-être un rappel. I.K. : En fait, les droits d'auteurs sont attribués au créateur d'une œuvre, à savoir le scénariste ou le réalisateur. Alors que les droits voisins sont destinés tant aux artistes-interprètes qu'aux producteurs, soit ceux qui permettent de rendre une œuvre exploitable. Un scénario, on peut le vendre comme un livre, pas une œuvre audiovisuelle ! Pour le rendre «audiovisuel», on aura besoin d'artistes qui prestent un rôle et de producteurs qui gèrent le financement, d'où cette protection qui existe. Un droit d'auteur est donné à une personne, à la vie de cette personne et est protégé 70 ans à partir de son décès. Pour le droit voisin, cette protection est de 50 ans à partir du rôle d'un comédien et de la finalisation de l'œuvre par le producteur. C. : Playright compte entre 60 et 65% de comédiens flamands, 30 et 35 % de francophones. Il y aurait donc un potentiel d'acteurs du sud du pays à encore aller chercher ? I.K. : Oui, mais depuis que nous avons modifié en profondeur notre système, cela nous a permis de mieux répartir et donc de redistribuer les droits : le bouche à oreille marche bien, surtout du côté francophone où le secteur audiovisuel local tend à se développer. Des artistes ou comédiens ne nous connaissant pas ou voyant mal notre utilité, se sont alors inscrits en nombre. Un chiffre qui grimpe de manière exponentielle, jusqu'à 1200 par an. Mais on devrait atteindre un seuil, puisqu'en toute logique, chaque artiste concerné par ces droits sera à un moment donné... inscrit ! C. : Concrètement, pour un comédien non encore affilié, comment cela se passe-t-il? I.K. : C'est simple. Il se rend sur notre site, où il s'inscrit en quelques étapes. Une fois enregistré, le comédien déclare toutes ses prestations, ses participations et ses rôles dans une œuvre (film, série, téléfilm...). Celles-ci intègrent alors notre répertoire, qui inclut les diverses diffusions (en télé, en festival, etc...) de sorte à ce que nous identifions chaque œuvre en relation avec le public qu'on touche en Belgique. C'est à partir de là qu'on lui cédera un montant. C. : Au bout d'une année, si un comédien a son nom au générique de 3 films et de 2 téléfilms, il pourrait donc déjà percevoir des droits? I.K. : Si le film a fait partie d'une exploitation publique dans l'année-même, oui. Mais vu que nous collectons des sommes forfaitaires via les utilisateurs et les consommateurs de l'œuvre, ce n'est qu'en fin d'année qu'on a connaissance de la somme totale, et l'année suivante que se déroule la distribution. C'est pour cela qu'il est bon de tout déclarer, même un film tourné il y a trente ans. Car il est toujours susceptible d'être rediffusé. C. : Votre société distribuant ces droits voisins en Belgique, on peut donc trouver étrange que certains comédiens ne vous connaissent pas et ne soient pas encore inscrits ! I.K. : Oui (sourire). Soit parce qu'ils ne savent pas, soit parce qu'ils n'y croient pas. C'est justement notre mission de les convaincre et leur expliquer que nous ne faisons pas ce travail pour un petit cercle, mais pour tout le monde, vu notre licence légale. Il ne s'agit pas toujours de gros montants, mais ceux-ci peuvent être intéressants, même s'ils sont en décalage avec la réalité, puisque la répartition des droits se fait par année : un comédien peut donc toucher plus d'argent une année moins dense pour lui, et gagner moins en cas d'année à succès. Le conseil que je donnerais aux artistes, qu'ils soient comédiens, danseurs ou musiciens (…), c'est de prendre juste un peu de temps pour bien s'informer. Le jeu en vaut la chandelle. C. : Vous semblez soucieux, à titre personnel, de défendre les artistes. Parce que vous êtes vous-même musicien en parallèle? I.K. : Bah, je dirais que chacun fait son travail ! Nous existons pour soulager les artistes des tâches administratives et les défendre à tout niveau, pour qu'ils ne s'occupent pas de ça et puissent garder leur énergie et leur temps pour l'artistique. De nos jours, on parle beaucoup d'artistes-entrepreneurs, mais je ne…