Auteur de Journal de gestes / Gebarendagboek
Né à Mons en Belgique en 1960, Carl Norac écrit des livres pour la jeunesse dont la plupart sont publiés chez Pastel. Certains sont traduits en quinze langues. Les mots doux, illustré par Claude K.Dubois, fut un best-seller aux U.S.A en 1998. Les livres réalisés avec Louis Joos sont basés sur des voyages réels, en Norvège, en Indonésie, au Sénégal et au Québec. Carl Norac est aussi un auteur de théâtre et de poésie pour adultes. Son recueil, Dimanche aux Hespérides, lui vaut une reconnaissance en Belgique et en France. Plusieurs prix littéraires et sa présence dans deux anthologies historiques récompensent cette publication. Grand voyageur, il parcourt le monde de l'Asie à l'Arctique. Carl Norac assure actuellement le cours d'Histoire de la Littérature au Conservatoire Royal de Mons, une école nationale pour les futurs comédiens. Il aime sillonner la France et la Belgique à la rencontre des enfants des écoles maternelles et élémentaires, pour y parler de ses livres et de ses voyages. Il vit à Olivet près d'Orléans. N'oublions pas qu'il est aussi le père d'une petite fée appelée Else. Carl Norac est ouvert au dialogue avec les enfants, les enseignants et ses lecteurs.
Je ne connais aucune prière, nul poème que j’improvise ne peut espérer s’élever jusqu’au royaume sans souffle. Le nom de notre Poète National 2020 est désormais connu : Carl Norac succède à Charles Ducal, Laurence Vielle et Els Moors, pour une durée de deux ans. Auteur d’une dizaine d’ouvrages poétiques et de nombreux livres pour la jeunesse, Carl Norac nous livre ici un journal de gestes, accueilli au format « bookleg » aux éditions maelstrÖm et traduit en néerlandais par Katelijne de Vuyst.Nous écrivions un journal de gestesque la pluie viendrait prendre, si patiemmentqu’on pourrait y lire, dans la boue, quelques lettres. Le monde semble, pour Carl Norac, un livre qu’il faut déchiffrer…
Mal blessée. Journal philo amoureux 2.0 d’un enfant du siècle
Olivier Terwagne a retrouvé le journal de Constance dans une maison inoccupée de Chimay et tente, dans cet ouvrage, d’assembler des fragments pour nous livrer des traces de vie de la jeune fille. L’historien ne nous donne pas à lire ici un témoignage lisse, structuré et exhaustif de l’héroïne. Il est en effet « difficile […] de lancer un avis de recherche pour retrouver une femme qui “n’existe pas” ». C’est donc à travers des aphorismes, des photos, des contes, des lettres et de nombreux poèmes que nous découvrirons les morceaux de vie de cette jeune femme un peu paumée. Amoureuse d’un Kiriakos grec passionné d’hellénisme, qui a accessoirement une femme et trois enfants, Constance nous fait part de ses questionnements et réflexions sur cet amour, la vie et « ce bordel dans [sa] tête ». Passant constamment du coq à l’âne, elle effectue un va-et-vient régulier entre la culture belge et grecque, en citant de multiples autres références culturelles : elle nous emmène dans un grand écart entre Brel, David Bowie, Périclès, Nietzsche, André Rieu, Truffaut, Steve Jobs, Brassens, Desplechin et j’en passe (sic !). À cela, vous ajoutez une passion pour les rimes, les oxymores et les idées engagées un brin subversives, vous avez alors un bref aperçu de ce qui vous est donné à lire. Accrochez-vous, il faut suivre ! Entre reconnaissance des exclus Et exclusion des connaissances Entre utopisation et mythologisation Entre récit saturé de la fin et récit fondamental des origines Entre le choix du retour à et la dissolution sans retour Entre l’effort de vérité et le confort des postvérités Sur ces entrefaites Je vous laisse au choix impossible Qui est réellement Constance ? Une actrice qui écrit un manuscrit dont nous saurons peu de choses. On sent vibrer une âme romantique et difficile à dompter : « Je me vis mieux à l’envers », « On ne possède pas les clés de sa propre maison », « Je me suis inventé des rêves », « Mes histoires d’amour n’en finissent pas de commencer ». Dans ce journal, le célèbre « je est un autre » est palpable et on l’approche à petites touches. Notes de casting – Actrice haut potentiel mais trop indocile – Aucune connexion dans le milieu (n’est pas « fille de ») – Côté sauvage intéressant mais pas « bankable » – Jouer sur la belgitude pour vendre l’image (mais déjà-vu) – Peut passer du rire aux larmes en trois secondes – Peut nous faire chier en trois secondes aussi – Problème avec la nudité – Promotion canapé impossible – M’a traité de sexiste – Trop intelligente – Féministe – Mélange de Liv Ullman et de Romy Schneider – Bilan : À recontacter pour une comédie douce amère Les fragments de ce journal de mal blessée nous apprennent à aimer Constance à travers ses mots, sa rébellion et sa douce poésie, mais aussi à travers tout ce qui n’est pas dit. On sent l’attachement d’Olivier Terwagne à cette anonyme que tout le monde a oublié sauf lui et son implication authentique à vouloir nous transmettre ce témoignage. Faut-il chercher ? Tout expliquer ? Laisser sa chance à l’ellipse et aux failles spatio-temporelles ? Laisser parler les fantômes incorporés en nous ou à jamais les réduire au silence ? Je me suis attaché à ce couple et à ces deux personnages dans leur singularité. Elle, très intelligente, bipolaire, philosophe, érotique, fragile, alcoolique, nostalgique, terriblement vivante, artiste, actrice… Lui, mystérieux, taciturne, lucide, enraciné, voyageur, poète… L’interaction entre la Belgique et la Grèce est un sujet rarement traité. Accéder à soi-même et au monde par les signes d’humanité dont sont dépositaires les textes de nos héros. La culture comme accès à soi. Comme révélation. Mal blessée , un récit qui nous fait toucher à l’énigme de…