L’été à peine commencé et déjà brûlant… Lassés des langueurs des mouillages, nous avons repris le large, naviguer nous soulage malgré la faiblesse du vent. Même en pleine mer, la chaleur accablante n’autorise que des gestes lents, l’effort nous coûte.
L’inconfort de la navigation s’estompe peu à peu. Les voiles bientôt au repos nous réduisent au silence et à la contemplation. L’eau turquoise diffuse une moiteur agréable et bienfaisante. La côte sicilienne se perd dans la brume tandis qu’au loin des sommets secs s’élèvent dans une pâleur immobile. Je savoure l’amplitude du présent dans cet éblouissement. Je m’abreuve de cette vastitude et remplis mon corps de ces eaux paisibles, en parfait accord avec ce qui m’entoure.
Tout semble immuable.
Comme j’aimerais te ramener ce sentiment de plénitude qu’aucun mot ne peut décrire à sa juste mesure. Puisses-tu puiser dans ces quelques lignes la quiétude d’un instant parfait.
Auteur de Cabotage
Dans son avant-lire, Anne-Marielle Wilwerth se demande comment nommer les textes rassemblés dans le livre que nous tenons entre nos mains. « Escales de vie ? Marées de mémoire ? » Par ce questionnement, elle pose une entrée en matière en juste résonance avec les proses de l’auteure, sa comparse de plume et de pinceau Catherine Berael. Cabotage, tel est le titre qui nous achemine de récit en récit, nous laissant apercevoir des paysages humides d’embrun, des plages ensablées de mystères imperceptibles, des horizons chargés d’hier et de demain ; « une palette d’atmosphères et de lieux, tous frères de la mer ».Le recueil de Berael se parcourt comme un carnet de voyage rehaussé de…
Quatorze récits dans lesquels le fantastique se mêle au drolatique et à l'onirique. D'étranges…
Monsieur Satie : L'homme qui avait un petit piano dans la tête
Pour découvrir l'oeuvre d'Erik Satie à travers une histoire et des extraits des plus célèbres pièces du compositeur. Mélancolique et triste à souhait, cet album-CD n’en est pas moins magnifique. Parler d’Erik Satie - le solitaire, le marginal, l’excentrique souvent incompris -impliquait un ton décalé, gentiment moqueur et grinçant, que rend très bien la voix du récitant François Morel (qui doit sa célébrité, rappelons-le, à l’émission télévisée des Deschiens sur Canal +). Ce n’est pas une araignée au plafond mais juste un petit piano que Monsieur Satie a dans la tête. Les notes de musique y trottent, y vagabondent sans relâche. Il est audacieux, anticonformiste, se moque du wagnérisme et des vaniteux. De son cœur s’échappent des mélodies simples pour rêveurs et poètes, un public qui lui ressemble. « Monsieur Satie parle parfois à la lune. » Et parfois aussi, « Monsieur Satie met son smoking pour écrire une partition. » Il compose, explore, mélange les genres au risque d’être méprisé. Certains l’admirent cependant, comme Cocteau ou Picasso. L’illustratrice Elodie Nouhen évoque bien l’esprit des surréalistes et la solitude du petit monsieur perdu dans le tourbillon des notes. Touches de piano, métronome, partitions…sont surdimensionnés par rapport au musicien qui ne semble pas plus haut que trois chapeaux. Ce que Raymond Lulle appelait « la tristesse par surabondance de pensée » s’applique…
Je n’ai aucune idée de ce que peut donner sur les papilles gustatives Le goût de la limace , titre…