Acte de naissance


RÉSUMÉ

Recueil de traductions d’une soixantaine de poèmes de Léonard Nolens assorti d’une introduction analytique.
Extraits de la présentation de l’ouvrage par Danielle Losman.
Leonard Nolens : un poète qui condense à l’extrême, parfois jusqu’à l’implosion. Trou noir, silence, naissance du mot.
L’univers entier, celui qui nous entoure, celui que nous sommes chacun, tout le foisonnement du monde : noir sur blanc en quelques mots tranquilles. Tel est l’ars poetica de Leonard Nolens.…

  lire la suite sur  Bela

À PROPOS DE L'AUTEUR
Danielle Losman
Auteur de Acte de naissance

Traductrice littéraire néerlandais-français et anglais-français, Danielle Losman est née à Gand. Après un doctorat en sciences à l'ULB (Université libre de Bruxelles), et de nombreuses années consacrées à la recherche et à l'enseignement, elle s'occupe des équivalences d'études à la Commission d'homologation de la Communauté française de Belgique. Passionnée par la littérature, elle fera partie de la première promotion du Centre Européen de Traduction Littéraire (1989-1991).
Elle traduit de la poésie et du théâtre (Hugo Claus, Leonard Nolens, Eriek Verpale, Tom Lanoye, Hubert van Herreweghe) ainsi que des romans. Elle a traduit Margriet de Moor, Leon De Winter, Helga Ruebsamen, Renate Dorrestein, Lieve Joris, Roger van de Velde, Stefan Hertmans. Elle collabore à la revue Septentrion. Elle travaille pour le moment à la traduction de quatre nouvelles de Nescio pour Gallimard. "La science et la littérature ne sont certainement pas antinomiques. Un scientifique doit avoir à coeur de s'exprimer clairement et avec élégance. Les mathématiques, par exemple, ont une terminologie qui n'a rien à envier au langage poétique : concision, qualité d'évocation, élégance, créativité".


AVIS D'UTILISATEURS

FIRST:silence mot pouvoir monde - "Acte de naissance"
stdClass Object ( [audiences] => [domains] => )

Ceci pourrait également vous intéresser...

Assigné à existence - de Roland Devresse - La rage au verbe

Karoo s’intéresse aujourd’hui au jeune poète Roland Devresse. Travaillé par la colère, face à une époque agressant ses sens, l’auteur nous livre une poésie ardente et à contre-courant des productions contemporaines. Karoo s’intéresse aujourd’hui au jeune poète Roland Devresse. Travaillé par la colère, face à une époque agressant ses sens, l’auteur nous livre une poésie ardente et à contre-courant des productions contemporaines. La naissance d’un poète n’est jamais une mince affaire. Qu’elle se produise avec pertes et fracas ou dans le silence feutré des salons éditoriaux, elle annonce une nouvelle voix, une nouvelle manière de dire le monde et donc de le faire. Roland Devresse signe son premier recueil, Assigné à existence , chez l’éditeur et collectif Le Mot : Lame 1 . Je dois vous prévenir : je connais Roland. J’ai frayé avec les mêmes milieux étudiants, vécu les mêmes soirées arrosées aux noirs des nuits citadines, assisté aux mêmes occupations squatteuses et libératrices. J’ai connu l’université-négatif, l’école des gauchistes et des révoltés, des individuels et des insurrectionnels, l’apprentissage par le fait et l’ex cathedra en horreur. Ses mots m’arrivent comme déjà connus ; ou plutôt, ils m’arrivent comme de vieilles connaissances. Je ne prétends pas les juger le cœur sec. Je ne saurais, d’ailleurs, pas comment faire. Sa poésie est bouillante. On ne peut pas rester indifférent face à elle. Elle écœurera, plaira, enragera, sera méprisée, adorée ou haïe – mais elle transpercera toujours l’indifférence du lecteur. La première partie d’ Assigné à existence , suite de poèmes mêlant dénonciation du présent (« Bruxelles ») et référence à l’histoire (« L’historien ivre »), pose les bases : le poète est animé par une nostalgie féroce. Il assume clairement une forme de néo-romantisme, mais son astre est noir comme l’encre et avide comme un égout. Ses images sont éculées, comme de vieilles bouteilles sans fond, ébréchées, qu’on aime et qu’on admire précisément du fait de leur l’usure ; conséquences du désamour qui les a condamné au rebut. Des rois de gouttière érigèrent des cours sur des palais en rue et trainant dans des ruines des pirateries sauvages déchiquetèrent les jours et les vaisseaux de feu tirés par les turbines. (...)   Et chassés aux matraques qui percutent les rêves gueule une sourde trêve dans des haines abattues des torpillages fauves éclatent leurs vertus. Peu importe aux rampants s'ils vivent ou s'ils crèvent. « Squat the world » Cette moitié est inégale et parfois maladroite. Elle a la puissance d’un certain vécu et son étrange classicisme, son ton déclamatoire, ses vers rimés, oscillant parfois autour du mètre, tranchent tellement avec la poésie contemporaine qu’ils en deviennent réjouissants. Elle parvient à n'être jamais surannée malgré son passéisme volontaire ; elle tient trop des souffrances du présent. Mais ses formes diverses (vers strophés, vers libres, proses, expérimentations) et ses répétitions symboliques affaiblissent parfois la force évocatrice des poèmes. C’est dans la seconde partie que le recueil trouve sa cohérence et son rythme. Dans une longue poésie, « Je parle », le poète cesse de compartimenter ; il n’organise plus son verbe autour d’une idée ou d’une bulle mais dénonce, d’un seul trait, son temps et, pire, ceux qui le laissent vivre impunément. Roland Devresse n’invoque ni la justice, ni la conscience. Il déboulonne la statue de la première et ébranle les fondations de la seconde. Il interpelle directement le lecteur, coupable forcément. Il incite à la révolte comme peu osent le faire aujourd’hui – se mettant, comme il l’indique lui-même, en marge de la légalité. La réalité est si oppressante, si toxique qu’elle ne changera jamais grâce à la raison ou au compromis. Pour le poète, seules la poésie – pensée, germe, acte – et la révolte, dressées sur une barricade commune, pourront ébranler le monde et le renverser. Pour ensemencer le monde ; d’une Poésie qui seule fera office de Constitution. Je parle pour les audaces qui bientôt se changeront en légendes dans ce monde refractionné où le romanesque sera lot quotidien « Je parle je parle »   Cette poésie tranchante, ingrate, ne s’inscrit clairement pas dans les standards d’aujourd’hui. Ni aérienne, ni aérée, elle est tellurique, volcanique, charbonneuse. Elle ne joue pas à cache-cache avec le sens, elle le proclame, le symbolise, le contextualise. A fortiori, elle n’est pas nichée entre les plis de la psychologie d'un individu particulier, elle veut parler de l’Histoire qui se fait, du social, du capitalisme, de la révolution. Elle assume entièrement sa dimension politique. Et, jusqu’aux limites offertes par la langue, elle embrase. Je lisais récemment dans une chronique judiciaire, que les policiers jugeaient encore pertinent d'employer de nos jours le qualificatif « interlope » pour désigner leurs « clients ». Roland Devresse est un poète interlope et il en est fier. Non qu'il s'amuse seulement à défier l'autorité en écrivant, mais qu'il ne peut exister dans un monde inégalitaire, insatisfaisant, aliénant. Ceux qui vivent sous notre monde, ou à côté de lui, ou contre lui, ou dans les recoins cachés de la bruyère, ceux-là ont besoin de voix comme celle de Roland. Et nous avons besoin d'elles pour nous rappeler de l'écart absolu qui sépare notre réalité de toutes les autres réalités…