La BD Zebraska est une adaptation du roman éponyme d’Isabelle Bary publié en 2014. Nous sommes en 2055 et le héros, Marty (15 ans), reçoit un cadeau spécial de sa Mamiléa : une bande dessinée qu’elle a réalisée il y a quelques années. Dans ce monde futuriste, ce présent est surprenant en lui-même car plus personne ne lit, la lecture est devenue une activité démodée.
Le livre que Mamiléa met dans les mains de son petit-fils est en réalité un récit autobiographique où elle relate ses difficultés pour élever son fils Thomas (le père de Marty). Ce dernier a en effet été un enfant différent : sa curiosité était vue comme de l’arrogance, son franc-parler était pris pour de l’impertinence, ses colères devenaient des caprices. Intransigeant, impatient, excessif et sans concession, il était mal aimé et incompris à l’école, il vivait les réactions des autres à son égard comme du rejet, sa vie était un fardeau lourd à porter.
Épuisée par la difficulté d’accompagner ce petit être dans son évolution, sa mère lui a fait passer des tests et le diagnostic est tombé : Thomas a un haut potentiel intellectuel. Elle a alors décidé de le soutenir dans sa différence pour qu’il arrive à l’apprivoiser et à être heureux malgré tout.
Lors de la lecture de cette histoire, Marty découvre une facette de son père qu’il ignorait : il est bouleversé par son enfance difficile et troublé par sa différence. Il se demande également quel rôle son père a joué dans la Grande bascule en 2037, un moment historique qui a changé le cours de l’Histoire…
Zebraska. Un garçon pas comme les autres est le 1er volet d’un diptyque complété par un dossier pédagogique qui explique le mode de fonctionnement des personnes dotées d’un haut potentiel, avec une série de vrai-faux aidant le lecteur à démystifier le sujet. Celui-ci a fait l’objet d’un effet de mode, mais a été parsemé de raccourcis nuancés par le dossier explicatif en fin d’ouvrage.
Dans cette BD, Isabelle Bary explique simplement et concrètement le mode de fonctionnement de ces personnes qui ont « une formule 1 dans la tête sans pouvoir la piloter ». Les belles illustrations en couleurs de Borecki et Corbeyran apportent une touche de douceur à l’histoire et stimulent l’imaginaire du lecteur dans ce monde futuriste froid où les livres racines n’existent presque plus…
Séverine Radoux