un joli conte écologique
Le jardin de la petite Olga est un monde fait de vallées et de montagnes. Dans ce monde, il y a foule, des coccinelles, des gendarmes, des abeilles solitaires, des fourmis, et bien d’autres êtres. Parmi elleux, Olga s’affaire. Bottes trop grandes aux pieds et pelle accrochée à la ceinture, elle joue très sérieusement. Mais le jardin d’Olga contient aussi un chantier qui risque de tout bouleverser...
Avec Olga & le liseron de poche, Julie Rouanne (autrice) et Marina Philippart (illustratrice) signent un joli conte écologique. L’écriture ne fait pas de manières, elle dit les choses sans détour (ni sécheresse), elle évoque le calme ou le temps qui passe en peu de mots et d’effets. S’appuyant sur les enjeux et problèmes du jardin d’Olga, l’autrice Julie Rouanne raconte une histoire d’entraide interespèces et de célébration du vivant, saupoudrée d’un petit peu de magie.
L’illustratrice belge Marina Philippart a donné forme à ce petit monde – et quelle forme ! À la gouache et l’acrylique japonaises, rehaussées de crayons de couleur et de pastels, elle a composé des images luxuriantes et joyeuses. Pour rendre compte de la richesse du jardin d’Olga, l’illustratrice est parfois d’une précision documentaire. On voit apparaitre toutes sortes de papillons au fil des pages : petite tortue, paon du jour, procris, vulcain... Par ailleurs, les illustrations soutiennent le récit avec d’intéressants jeux d’échelle : Olga est grande dans son monde et face aux petits êtres qui l’habitent ; soudain, elle rapetisse quand une machine de chantier débarque, confisquant absolument tout l’espace de la page. Enfin, dans la couverture comme les planches finales, elle semble presque de la même taille de ses compagnons de jardin et d’aventure.
Difficile de ne pas s’attacher à Olga, héroïne bien campée. Pas dupe du monde des adultes et de ses projets, elle est amenée malgré elle à des actions qu’elle désapprouve, oscille entre obéissance et désobéissance en fonction des possibilités. En la dessinant ni tout à fait fille, ni tout à fait garçon, en rondeurs et bien présente, Marina Philippart a par ailleurs conçu un portrait d’enfant pas paresseux du tout.
Olga & le liseron de poche est un album qui rend curieux·se, donne envie d’observer, d’apprendre et de prendre soin. Puisse-t-il rappeler aux adultes (moi y compris) d’assumer leur part et de ne pas la faire peser sur les petit·es Olga d’ici et d’ailleurs.
Carine Simão Pires