un roman sans tabou sur la reconstruction face à la maladie
Maël est un ado de 15 ans qui vit avec ses parents et son petit frère de 8 ans, Liam. La systémique familiale fonctionne globalement bien, aucun conflit majeur n’est à signaler, jusqu’au jour où l’on diagnostique un cancer du sein à sa mère, ce qui plonge Maël dans la peur, la colère et l’impuissance.
Notre héros est d’un tempérament réservé, il ne parvient pas à expliquer sa situation à ses copains ou sa petite amie. La psy de l’école lui conseille d’écrire pour arriver à se libérer de ce qu’il n’arrive pas à dire à sa mère. Lors d’un cours de français, il découvre que l’écriture de soi peut aider à guérir. Le voilà lancé dans la rédaction de lettres adressées au cancer et à sa mère, où il ose livrer sans filtre les émotions et pensées qui l’habitent.
Lettres à ma mère et au cancer présente une alternance de lettres et de récit qui relatent les étapes classiques du combat contre un cancer : chimiothérapie, perte de cheveux, fatigue, radiothérapie, opération chirurgicale. Dans ce quotidien où plus rien n’est pareil, Maël propose à sa famille d’effectuer un road-trip en camping-car en Slovénie pour recharger ses batteries après quelques mois de lutte contre la maladie.
L’oncologue ayant validé cette proposition, toute la famille part à l’aventure et apprivoise la promiscuité de la vie en van, mais elle se rappelle aussi à quel point la vie est précieuse, à quel point il est important de profiter de chaque instant. La nature immense, brute et sauvage invite notre quatuor à prendre le temps d’être ensemble, de se poser, se parler, sans la contrainte des devoirs, des activités ou des écrans. Ils savourent tous la simplicité de la vie et se recentrent sur l’essentiel : l’amour qui les unit. Sans surprise, la boule dans la gorge qui ne quittait pas Maël se dissout progressivement, tout le monde se détend, même si personne ne sait si le cancer sera vaincu.
Le roman de Virginie Lago Lago nous rappelle qu’un diagnostic de cancer touche non seulement la personne malade, mais également tous ses proches. Il aborde avec authenticité et pudeur les difficultés de chacun dans cette épreuve et invite à faire circuler la parole pour se délivrer de ses tourments. Lui qui n’était pas très à l’aise avec les mots, Maël découvre la puissance de l’écriture thérapeutique. Plus les mots jaillissent avec fluidité, plus ses émotions se régulent, mieux il se sent et son bien-être a un impact positif sur toute la systémique familiale. Un roman sans tabou sur la reconstruction face à la maladie.
Un dossier pédagogique pour accompagner la lecture du récit est disponible via un QR code au début de l’ouvrage.
Séverine Radoux