Aller au contenu principal

Eugène est le petit dernier de la famille. Et être le dernier, c'est pas toujours simple. Certes, au début, c’est chouette : on est chéri, chouchouté, gâté, et on a toute l’attention pour nous. Mais en grandissant, le vent tourne. Eugène récupère les vieilles affaires de son frère et de sa sœur, passe après tout le monde et finit par se sentir oublié. Et si, finalement, personne ne faisait attention à lui ? Et si, en réalité, Yosha et Mara préféraient rester entre eux ? Jusqu’au jour où une mauvaise blague pousse Eugène, le cœur lourd, à s’éloigner de la maison. 

Le petit dernier, comme son nom l’indique, nous raconte les émois et tracas des cadets, parfois mal intégrés parmi les plus grands. Eugène se sent délaissé face à la complicité de Yosha et Mara, et devient malgré lui la troisième roue du carrosse. Le petit héros est attachant, l’identification est immédiate et l’on ressent pleinement sa peine. Que l’on soit enfant unique ou issu d’une grande fratrie, cet album résonne chez chacun·e tant les thèmes de la solitude, de la famille et de l’intégration sont universels. Le dénouement permet à Eugène de constater, soulagé et ravi, qu’il est aimé et entouré et qu’il a entièrement sa place. De cette aventure en forêt, il ressort grandit, au sens figuré comme au sens propre, et plus mature aussi. 

Dans cet album aux couleurs complémentaires, dessins et textes dialoguent de manière inventive. La mise en page joue avec des doubles pages muettes, des pleines pages dynamiques et des parties proches du montage cinématographique. Sa construction ludique, son regard juste sur la fraternité et la sororité et la facilité avec laquelle on s’attache à Eugène font de cet album un bel ouvrage à mettre entre toutes les mains, petites et grandes, pour rappeler qu’au-delà des chamailleries, les frères et sœurs, ça se chérit.

Camille Le Long