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Image de l'oeuvre - Noël à l'envers

Notre critique de Noël à l'envers

Savez-vous qu’il existe un pays à l’envers ? Les mois et les jours s’y succèdent dans le sens inverse au nôtre. Et là-bas, les gens ne font pas les choses comme nous. Leurs traditions ressemblent aux nôtres, à un détail près : elles se font à rebours ! Et leur Noël n’échappe pas à l’inversion…

Les sapins arrivent dans un sac poubelle sur le trottoir. Ils n’ont pas beaucoup d’épines, mais pas de panique : celles-ci repoussent petit à petit ! Ainsi, à la fin des festivités, les arbres, redevenus verts et majestueux, seront plantés dans une forêt : autant d’arbre en plus sur terre !

Il existe l’équivalent du calendrier de l’Avent, mais il s’appelle calendrier de l’Après. Les enfants le reçoivent vide et cases ouvertes. Chaque jour, les enfants le remplissent avec petit cadeau et referment les cases. Ils le donnent ensuite aux parents qui l’apportent au magasin.

Le 25 décembre, les cadeaux arrivent éparpillés au pied du sapin, entourés de boites vides et de papiers déchirés. C’est le moment le plus attendu : tout le monde trie les pièces des jeux et les ranges dans les boites. Ensuite, les enfants emballent soigneusement chaque paquet avec les morceaux de papiers retrouvés. Le père Noël viendra les chercher la nuit, et déposera du lait dans un verre et des biscuits dans une assiette.

Vous l’aurez compris : le reste est à l’avenant, et les enfants se régaleront de jubilation en écoutant (ou lisant) le déroulement de ces festivités sans dessus-dessous. Le livre est découpé en vingt-cinq courtes séquences de deux pages, qui pourront être lues soit d’un trait, soit petit à petit, comme un calendrier de l’Avent. À moins que certains ne tentent de le lire à l’envers, de 25 à 1 ?

Le prolifique illustrateur breton Charles Dutertre ponctue le récit de ses dessins très simples, au trait noir réhaussé de quelques couleurs vives. Charly Delwart, écrivain et scénariste belgo-parisien, aime écrire autant pour les adultes que pour les enfants. Habitué au roman, il fait quelques incursions dans l’album jeunesse où il aime interroger les jeunes lecteurs et lectrices, bousculer leur façon de penser, les faire à la fois rire et réfléchir. Derrière le l’aspect très humoristique du principe du livre, ce sont les traditions consuméristes de Noël qui sont mises en perspective. Dans le pays à l’envers, les forêts repoussent au lieu d’être rasées, les dindes reviennent à la vie grâce aux bouchers jouant à Frankenstein, les enfants se débarrassent de montagnes d’objets… Pourtant, pas de frustration, car c’est pour eux une habitude qu’ils ne remettent pas en question. Tous s’amusent et y prennent plaisir, car l’essentiel est de faire tout cela ensemble, comme un grand jeu collectif. De quoi repenser nos habitudes ..?

Fanny Deschamps